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Bulletin Quotidien Europe N° 11363
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) chypre

La Commission pointe un certain relâchement dans les réformes

Bruxelles, 20/07/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne salue les efforts de Chypre en matière d'objectifs budgétaires tout en constatant un ralentissement des réformes dans le secteur des services financiers et les privatisations, dans son 6ème rapport de suivi publié lundi 20 juillet sur la mise en œuvre du programme d'ajustement que l'île applique en échange d'une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES).

La Commission précise que les objectifs budgétaires pour 2014 ont été dépassés avec une marge confortable. Alors que l'objectif fixé était un déficit primaire de 1,3% du PIB, Chypre a dégagé un excédent primaire (hors service de la dette) de l'ordre de 2,6% du PIB. Cependant, en raison de l'effet ponctuel de la recapitalisation des banques coopératives, le déficit public en termes nominaux a atteint 8,8% du PIB en 2014. En tenant compte de ces résultats budgétaires et de projections macroéconomiques mises à jour, l'objectif de 2015 a été revu à la hausse: excédent budgétaire primaire d'1,5% du PIB contre un déficit d'1,6%.

« Les autorités devront continuer de mettre en œuvre le budget de manière prudente à la lumière des risques existants et, si besoin, prendre des mesures additionnelles pour atteindre un excédent primaire entre 3% et 4% à moyen terme » afin que la trajectoire de la dette retrouve une pente descendante, souligne l'institution européenne.

En raison de la bonne performance budgétaire, l'aide du MES a été moins élevée que prévu et son impact sur la dette publique sera moindre. Depuis le début du programme en mars 2013, 6,1 milliards d'euros ont été déboursés, dont 5,7 milliards du MES. Les besoins entre le début du programme et le 1er trimestre de 2015 se sont finalement élevés à 5,1 milliards d'euros (1,5 milliard pour recapitaliser les banques coopératives, 700 millions de besoins budgétaires et 2,8 milliards pour les remboursements de dette à moyen et long termes).

La dette chypriote devrait commencer à décliner en 2015, passant de 106% à 98,8% en 2016 pour avoisiner 80% en 2020, soit 20% de moins que dans les projections de la 5ème mission de suivi.

Sur la mise en œuvre du programme, la Commission estime que les autorités chypriotes devraient rétablir le bon bilan observé jusque juillet 2014. « Il y a eu quelques délais significatifs et un respect partiel a été observé dans plusieurs domaines, notamment sur certaines réformes dans le secteur financier, les privatisations, le tourisme et l'administration fiscale », écrit la Commission.

Le retard le plus marquant dans l'histoire du plan d'aide chypriote restera la mise en œuvre du cadre sur les saisies immobilières, voté en avril dernier après des mois de tractations (EUROPE 11340). La Commission note, par ailleurs, que certains amendements de dernière minute adoptés par le parlement chypriote pourraient réduire l'efficacité du cadre sur l'insolvabilité. En cause: la mesure permettant à la justice chypriote de suspendre une saisie sur les résidences primaires pour les débiteurs non viables sans obligation pour ces derniers. L'impact de cet amendement dépendra de l'interprétation qui en sera faite, estime la Commission. Et de s'inquiéter vis-à-vis d'un affaiblissement du soutien politique envers les privatisations.

Enfin, la Commission note l'exposition d'« importance systémique » du secteur bancaire chypriote à celui de la Grèce. Les quatre banques grecques principales (National Bank of Greece, Banque du Pirée, Alpha Bank et Eurobank) ont toujours des filiales à Chypre, dont le montant total des dépôts s'élève à 7,6 milliards d'euros, soit 40% du PIB. (Elodie Lamer)

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