Bruxelles, 10/07/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a condamné, jeudi 9 juillet, la décision des autorités burundaises de maintenir le scrutin présidentiel de juillet, dont il estime qu'il aurait dû être reporté eu égard à la détérioration du climat politique et de l'aggravation de la crise humanitaire.
Dans une résolution adoptée par la session plénière à Strasbourg, le PE appelle à l'arrêt immédiat des violences, presse les autorités burundaises de reporter ces élections présidentielles et demande à toutes les parties impliquées dans le processus électoral d'honorer leurs engagements au titre de l'Accord d'Arusha qui a rétabli la paix dans le pays après des années de guerre civile.
Les eurodéputés appellent toutes les parties à la reprise du dialogue et les autorités burundaises à impliquer tous les acteurs dans les efforts requis pour créer un environnement favorable à la tenue d'élections pacifiques, crédibles, libres et justes. Car ce n'est que par le dialogue et le consensus entre le gouvernement, l'opposition et la société civile qu'une solution durable pourra être trouvée, souligne la résolution.
Le Parlement demande aussi une levée immédiate des restrictions aux médias et à l'accès à Internet, car des élections légitimes ne sauraient avoir lieu sans que les médias soient en mesure d'exercer et les journalistes de faire leur travail sans intimidation.
Selon l'UNHCR, cette crise a déjà contraint quelque 127 000 personnes à se réfugier en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Tanzanie. Eu égard à l'ampleur de la crise humanitaire, les députés saluent l'annonce, par la Commission européenne, de l'octroi d'1,5 million d'euros d'aide humanitaire de plus et pressent tant l'Union européenne que ses États membres de redoubler d'efforts étant donné l'afflux massif de réfugiés dans cette région déjà fragile. Aux violences sexuelles de large ampleur s'ajoute désormais la menace de choléra, plusieurs foyers ayant été identifiés. (Aminata Niang)