Bruxelles, 10/07/2015 (Agence Europe) - L'intention de la Commission européenne de lancer une troisième évaluation tierce partie de son projet de prolonger l'autorisation du cadmium dans les applications d'illumination ou d'éclairage d'écrans TV jusqu'en 2018 a suscité, vendredi 10 juillet, la colère des détracteurs de ce projet.
Selon Nanoco, un fournisseur de quantum dots dépourvus de cadmium, cette réponse de la Commission est non seulement en parfaite contradiction avec le rejet massif qu'avait opposé le Parlement européen à ce projet (618 voix pour, 33 contre et 28 abstentions) (EUROPE 11318), mais lancer une nouvelle étude pourrait en outre conduire à autoriser le cadmium jusqu'à quatre ans de plus, à compter d'aujourd'hui.
« En mai, le Parlement avait adopté une position sensée en rejetant la réintroduction du cadmium dans les écrans TV utilisant la technologie des quantum dots. Non seulement le cadmium est l'un des métaux lourds les plus toxiques, mais de nombreuses alternatives sont déjà disponibles sur le marché. Nous nous trouvons maintenant dans la situation regrettable où la Commission ignore le vote du Parlement. Elle propose de laisser ouvert le processus d'exemption. Ce qui équivaut à quatre ans pour la réévaluation et la procédure d'approbation », s'indigne Michael Edleman, PDG de Nanoco.
Le cadmium, métal lourd carcinogène, figure parmi les substances dont l'utilisation est limitée dans l'UE au titre de la directive sur la limitation des substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques (directive 2011/65/UE). Le projet de la Commission visait à autoriser son utilisation prolongée, par acte délégué, et à titre dérogatoire à cette directive. (Aminata Niang)