Bruxelles, 10/07/2015(Agence Europe) - Le groupe PPE au Parlement européen a critiqué, jeudi 9 juillet, la résolution adoptée (250 voies pour, 204 contre et 184 abstentions) sur l'agenda européen de sécurité, présenté le 28 avril par la Commission européenne. Le PPE reproche notamment aux groupes S&D, ADLE, Verts/ALE et GUE/NGL une vision trop « naïve », a dénoncé l'Allemande Monika Hohlmeier, dont le groupe a voté contre la résolution.
« À une époque de menaces sans précédent pour notre sécurité, les socialistes optent pour sauvegarder les droits fondamentaux des criminels. Les socialistes et les libéraux ont une énorme méfiance vis-à-vis des autorités policières (…). Ils limitent les possibilités de la police pour chasser les criminels et les terroristes et cela, le groupe PPE ne peut pas le soutenir », a réagi l'élue allemande dans un communiqué.
L'Allemande déplore notamment le fait que le chiffrement ('encryption'), dispositif permettant de protéger la confidentialité des messages échangés entre internautes, soit réaffirmé par les eurodéputés, alors que plusieurs gouvernements veulent interdire ce chiffrement pour des motifs de sécurité intérieure. Pour l'élue allemande, cela revient à laisser les cybercriminels tranquilles.
Elle regrette aussi que le lien entre immigration et terrorisme ait été rompu par les eurodéputés, Monika Hohlmeier jugeant cette approche sur la sécurité « inacceptable » et « inconsciente ».
Dans leur résolution, les eurodéputés indiquent leur « condamnation » des mesures de surveillance de masse et de fichage d'individus innocents. Ils soulignent la nécessité du contrôle démocratique des mesures sécuritaires, au niveau national et européen, et regrettent qu'il n'existe pas une définition communautaire de la sécurité nationale, une faille permettant d'entretenir le flou dans les instruments législatifs proposés ou utilisés.
La résolution demande encore une initiative législative modifiant le Système d'information Schengen de deuxième génération afin d'y créer une alerte pour les personnes suspectées de terrorisme. Les députés reconnaissent aussi la nécessité d'avancer sur la directive sur le PNR européen, le fichier des données personnelles des passagers, qu'il faut finaliser avant fin 2015 (la commission libertés civiles votera mardi).
Le PE condamne en effet tout amalgame entre terrorisme, immigration et Islam ainsi que les violations graves des droits fondamentaux, illustrées notamment par les prisons secrètes de la CIA en Europe, souligne le texte. (Solenn Paulic)