Bruxelles, 17/04/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne vise désormais l'Eurogroupe du 11 mai pour des décisions sur le dossier grec, alors que les espoirs d'un accord avec la Grèce d'ici à l'Eurogroupe du 24 avril à Riga ont été réduits à néant par la lenteur des progrès.
« Nous avons deux réunions importantes », a expliqué au Financial Times le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici. « Celle du 24 avril à Riga ne doit pas être un moment perdu, mais doit être utile pour voir des progrès concrets dans le rattrapage des réformes, et puis le prochain Eurogroupe du 11 mai, qui doit certainement être décisif », a-t-il indiqué.
En mai, la Grèce fait face à deux remboursements de prêts au FMI: 200 millions d'euros le 1er et 750 millions le 12, soit au lendemain de l'Eurogroupe. La tentative grecque de rééchelonner ces remboursements aurait été avortée par le FMI, une information du FT démentie par le ministère grec des Finances. Les échéances de remboursement étant importantes pendant l'été, un accord doit être trouvé avant, selon le FMI. L'Eurogroupe du 24 avril se limitera à une mise au parfum des ministres sur l'état des lieux des discussions.
Seule la Grèce croit encore à un accord sur la liste de réformes à mener d'ici la fin du mois. « Malgré la cacophonie et les fuites et déclarations erratiques ces derniers jours de l'autre côté, je reste fermement optimiste sur le fait qu'il y aura un accord avant la fin du mois », a déclaré jeudi le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, cité par Reuters. Et de confirmer que les discussions bloquaient sur la réforme des pensions et du marché du travail, une hausse de la TVA et les privatisations. Son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a répété depuis Washington que la Grèce était prête à des compromis, mais pas à se compromettre. Le FMI a pour sa part démenti vouloir des coupes sèches dans les retraites, tout en insistant sur la nécessité de réformer le système des retraites.
Le 'groupe de Bruxelles' (autorités grecques, Commission, FMI, BCE, fonds FESF) se réunira pendant le week-end, a confirmé vendredi la Commission. Selon Poul Thomsen, directeur du FMI pour l'Europe, les parties prenantes sont en discussion pour « ajuster » le programme, rapporte Bloomberg.
La presse évoque divers scénarios de sortie de l'impasse. Sont évoqués un possible référendum en Grèce, des contrôles des mouvements de capitaux, un remaniement de la coalition gouvernementale menée par M. Tsipras au profit de forces davantage pro-européennes, et, au pire, une sortie de l'Eurozone.
Comme Berlin l'avait fait la veille, la Commission a écarté le scénario du pire. Depuis Washington, M. Moscovici a dit à l'AFP qu'il n'y avait pas de « préparation douce » d'un 'Grexit', pas de réflexion à ce sujet ni de 'plan B'. Suite à une rencontre jeudi avec M. Varoufakis, le président américain, Barack Obama, a appelé les deux camps à faire preuve de flexibilité dans les négociations, afin d'éviter un accident financier. M. Varoufakis devait également s'entretenir avec Mario Draghi, président de la BCE. (Elodie Lamer)