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Bulletin Quotidien Europe N° 11297
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) affaires ÉtrangÈres

Les relations UE/Amérique latine au coeur de l'agenda du Conseil

Bruxelles, 17/04/2015 (Agence Europe) - Le Conseil 'Affaires étrangères', qui se déroulera le lundi 20 avril à Luxembourg, aura une fois encore un thème central, qui prendra la forme d'une « discussion stratégique » matinale, à propos des moyens de renforcer les relations entre l'UE et l'Amérique latine et les Caraïbes, à la lumière des récentes évolutions en cours notamment à Cuba.

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, rendra compte de ses trois déplacements dans la région depuis début 2015, le dernier en date remontant à début avril à l'occasion du sommet des Amériques (EUROPE 11293).

L'objectif de cette discussion, qui prépara les travaux en vue du sommet UE/Amérique latine (10-11 juin à Bruxelles), sera de permettre aux ministres d'exprimer leur vision dans plusieurs domaines: les relations politiques, la coopération économique et le partenariat sur des enjeux globaux tels que les changements climatiques. « Globalement, le constat est le suivant: il n'y a pas eu de discussion de substance au Conseil depuis 7 à 8 ans. Or, dans ce laps de temps, la région latino-américaine et caribéenne a connu des développements importants dans les domaines politique, économique et social », a indiqué un diplomate.

Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) souhaiterait éviter une discussion sur des cas individuels mais les délégations pourront difficilement y échapper. Les négociations sur la signature d'un accord d'association et de coopération avec Cuba, que l'UE aimerait conclure en 2015, sont dans toutes les têtes (EUROPE 11282). Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, est d'ailleurs annoncé à Bruxelles mercredi 22 avril. À noter que la veille, un conseil d'association UE/Chili aura eu lieu à Bruxelles.

Mme Mogherini devrait aussi présenter ses propositions sur un soutien de l'UE à la Libye dans l'éventualité où un gouvernement d'unité nationale voit le jour. Le recours à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) reste une des options sur la table, les ministres l'ayant invitée à s'y pencher en mars. Mme Mogherini a déjà, par le passé, soulevé la possibilité d'une mission pour la gestion d'un cessez-le-feu ou pour la protection d'infrastructures clés, une mission de contrôle aux frontières n'étant pas non plus exclue. « Pour avoir un déploiement, il faut l'unanimité: nous n'en sommes pas là, mais on le prévoit au cas où », a expliqué une source européenne. Si, selon une autre source, la Haute Représentante « met un accent important » sur le volet PSDC, un certain nombre de pays y seraient plutôt réticents, car le lancement d'une mission PSDC requiert de nombreuses conditions, sans oublier la difficulté de réunir les capacités suffisantes, notamment en termes de personnel, pour certaines missions envisagées, telles que le contrôle des frontières ou la gestion d'un cessez-le-feu. Des aides économiques ou techniques sont aussi en discussion. Aucune décision ne devrait être prise lors de ce Conseil, mais des orientations plus précises pourraient être dégagées.

Lors du déjeuner, la Haute Représentante informera les ministres sur les négociations sur le programme nucléaire iranien, après l'accord du 2 avril (EUROPE 11289).

Les ministres discuteront aussi de la situation sécuritaire et humanitaire au Yémen et des moyens que l'UE a à sa disposition pour encourager la désescalade du conflit. « Le gouvernement et le président sont légitimes. Nous les soutenons et nous appelons à une reprise des négociations le plus vite possible », a résumé une source européenne. Le médiateur des Nations unies, Jamal Benomar, a démissionné le 16 avril et un nouveau médiateur pourrait être nommé le 20 avril. Des conclusions pourraient être adoptées sur le Yémen, mais leur contenu faisait toujours débat, vendredi 17 avril, notamment sur les frappes saoudiennes contre les houthistes, soutenus par l'Iran, certains États membres souhaitant préciser qu'ils n'y sont pas favorables.

Mme Mogherini profitera de ce Conseil pour présenter aux ministres la manière dont elle entend proposer de réviser la stratégie de sécurité de l'UE, le document actuel ayant été adopté en 2003, puis modifié en 2008. L'objectif est de proposer au Conseil européen du mois de juin une évaluation des changements dans l'environnement de sécurité, pour ensuite entamer la rédaction d'une nouvelle stratégie, laquelle pourrait être présentée au premier semestre 2016. Une des questions centrales est de savoir comment y seront articulés les aspects de la sécurité et de la politique étrangère.

Les ministres adopteront aussi sans débat des conclusions sur la Politique européenne de voisinage et sur la position de l'UE concernant la non-prolifération des armes nucléaires.

Le Conseil sera suivi par une réunion ministérielle du Partenariat oriental, qui réunira les ministres européens et leurs homologues des pays du Partenariat oriental (Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Moldavie, Géorgie, Ukraine). Ils discuteront de la préparation du sommet du Partenariat oriental, à Riga, les 21 et 22 mai. (Mathieu Bion, Camille-Cerise Gessant, Jan Kordys)

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