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Bulletin Quotidien Europe N° 11295
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Bar, la Commission va présenter un plan de gestion à long terme

Bruxelles, 15/04/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué, mardi 14 avril, lors d'une audition en fin d'après-midi sur la pêche récréative au bar, qu'elle allait présenter prochainement une proposition de plan de gestion à long terme des stocks de bar, une espèce en danger. Les mesures d'urgence prises par la Commission (interdiction de la pêche au chalut pélagique pendant la période de frai) expirent fin avril, donc le temps presse.

Lors de l'audition sur la pêche récréative au bar, l'eurodéputée Norica Nicolai, présidente du forum pêche de loisir et environnement aquatique, a insisté sur le besoin d'une gestion à long terme des stocks de ce poisson.

Alain Cadec (PPE, français), à l'initiative de cette audition sur la pêche récréative du bar, a rappelé le rôle joué par le PE (résolution sur le bar le 6 mars dernier). « Le bar est une espèce noble, très recherchée », a-t-il relevé. L'état du stock de bar est extrêmement préoccupant, a-t-il souligné. Le PE a demandé la mise en place d'un plan de gestion pluriannuel européen, mais il souhaite d'abord que soient connus l'état du stock, sa délimitation et les migrations de ce poisson ainsi que les lieux de reproduction (il faut aussi évaluer la part des différents métiers). M. Cadec a évoqué plusieurs mesures possibles dans ce plan de gestion: pour la pêche commerciale (mise sous total admissible de captures, taille minimale de débarquement, période de repos biologique pendant le frai). Le plan de gestion doit couvrir aussi la pêche récréative, qui représente « près d'un quart des captures », a dit M. Cadec. Selon lui, l'introduction d'une limite quantitative pour cette pêche « semble nécessaire » et le projet de la Commission (trois bars par jour et par pêcheur) lui semble « pertinent ».

La pêche récréative représente environ 1 100 tonnes dans l'UE, sur un total de 4 000 tonnes (pêche professionnelle et récréative).

Jean-Claude Bel, de l'EFTTA (European Fishing Tackle Trade Association), a souligné que la valeur de la pêche récréative à la ligne représentait environ 20 milliards d'euros. Il y a environ 8 à 10 millions de pêcheurs à la ligne de bar dans l'UE. Il a vivement critiqué les « restrictions illogiques » proposées par la Commission (un maximum de 3 bars par jour), « alors que nous avons été oubliés par la politique commune de la pêche ». Il a mis en garde contre les effets du braconnage et a plaidé pour les mesures suivantes: taille minimale de débarquement de 42 centimètres, fermeture de la pêche de janvier à mai/juin (et de décembre à mars-avril dans les zones plus au sud).

Jan Willem Wijnstroom, de l'EAA (European Anglers Alliance), a souligné que les résultats économiques de la pêche récréative sont plus importants que ceux de la pêche commerciale. Il s'est dit favorable à un plan de gestion à long terme (avec des précisions sur la structure du stock et sur les objectifs en termes de rendement maximal durable). La pêche de loisir doit être reconnue comme une solution, et pas comme une partie du problème a conclu Jan Willem Wijnstroom.

Jean Kiffer, président de la FNPPSF (pêche de loisir au bar en France), a préconisé d'étendre la bande côtière (si possible à 6 miles) de ne pratiquer aucune pêche intensive dans la bande côtière et d'introduire des récifs artificiels (pour éviter le chalutage dans la bande côtière). Il a lui aussi prôné des actions ciblées contre les braconniers. Il s'est montré critique sur les mesures prises jusqu'alors par la Commission: les mesures d'urgences devraient, selon lui, couvrir tous les métiers (y compris le chalut de fond) et toutes les zones (pas seulement la Manche Est et la mer du Nord, mais aussi le golfe de Gascogne). Au lieu de prévoir 3 bars par jour et par personne (pêche de loisir), il préfère un quota mensuel adapté aux activités. « On nous a imposé une double peine, car nous avions déjà accepté la taille minimale de 42 centimètres et, là, on nous impose la règle de 3 bars par jour », a déclaré M. Kiffer. Il a préconisé notamment une généralisation de la taille minimale de 42 cm et une interdiction de pêche pendant la période de reproduction.

Bernhard Friess, directeur à la DG MARE (Commission européenne), a insisté sur le besoin de prévoir une approche globale et estimé qu'une approche européenne était nécessaire. La Commission prépare un plan de gestion pluriannuel pour le bar couvrant les eaux occidentales, septentrionales et australes, a dit le représentant de la Commission.

Une discussion a eu lieu sur la mise en place d'un total admissible de captures au niveau européen. La Commission y est favorable, de même que la France, mais le Conseil est divisé sur la part à attribuer à chaque pays (antériorités de pêche). Toutefois, la Commission prévient que, si un TAC devait être instauré, il devrait être réduit de manière « assez brutale », surtout le quota de la France. Ce pays représente environ 65% des prises totales de bar dans l'UE. (Lionel Changeur)

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