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Bulletin Quotidien Europe N° 11295
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) kosovo

La mission européenne a mal géré l'affaire de corruption

Bruxelles, 15/04/2015 (Agence Europe) - La mission européenne au Kosovo (EULEX) a mal géré l'affaire concernant des accusations de corruption envers trois de ses responsables en n'ouvrant que tardivement et secrètement une enquête interne, ce qui a nourri les suspicions, souligne le rapport de Jean-Paul Jacqué, remis début avril à la Haute Représentante, Federica Mogherini, et rendu public mardi 14 avril.

Dans son rapport, le juriste indépendant souligne qu'« une enquête aurait dû être ouverte dès le début », soit dès juin 2012, quand un procureur d'Eulex a averti sa hiérarchie d'un risque de cas de corruption. « Ceci aurait évité les questions qui sont apparues ultérieurement quant à l'usage du secret et de procédures spéciales qui ont nourri les soupçons sur une volonté d'enterrer l'affaire qui, heureusement, se sont révélés infondés », explique le rapport.

Une enquête a finalement été ouverte en mars 2013, mais, à l'époque, ni les autorités kosovares, ni le service diplomatique européen n'en avaient été informés.

« Au niveau institutionnel, cette affaire a causé un dommage considérable à la mission EULEX », a expliqué M. Jacqué. Alors qu'EULEX a été créée pour garantir l'État de droit, « elle a été accusée de saper le même État de droit. Sa crédibilité a été mise à mal au point que ses actions seront souvent entachées de soupçons », a-t-il ajouté. Selon lui, la présence continue d'EULEX n'est possible que « si des réformes globales sont faites pour améliorer son efficacité et, donc, sa crédibilité ». « Il est inutile de rester juste pour continuer à faire les mêmes choses », a précisé le juriste.

Les députés européens Elmar Brok (PPE, allemand) et Ulrike Lunacek (Verts/ALE, autrichienne), qui avaient demandé une telle enquête (EUROPE 11192), ont salué la publication du rapport et les recommandations qu'il contient, tout en demandant des précisions supplémentaires sur certains points de l'enquête.

La Haute Représentante, Federica Mogherini, avait confié en novembre à ce juriste français le soin d'examiner la mise en oeuvre du mandat de la mission EULEX Kosovo « en mettant l'accent sur le traitement des allégations de corruption » (EUROPE 11194). (Camille-Cerise Gessant)

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