login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11295
Sommaire Publication complète Par article 12 / 31
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Inquiétudes sur un possible nouveau naufrage d'ampleur en Méditerranée

Bruxelles, 15/04/2015 (Agence Europe) - Près de 400 migrants auraient disparu dimanche 12 avril dans un naufrage en Méditerranée, selon le récit de survivants débarqués mardi 14 avril dans le sud de l'Italie, ont fait savoir l'ONG Save the children et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a rapporté l'AFP.

Les garde-côtes italiens ont porté secours ces derniers jours à 42 bateaux chargés de plus de 6 500 migrants et annoncé, lundi 13 avril, avoir sauvé 144 personnes et récupéré neuf corps après le naufrage de l'une de ces embarcations. Des représentants de l'ONG et de l'OIM ont alors commencé à interroger les survivants qui leur ont assuré qu'il y avait au total 500 à 550 personnes à bord de leur bateau, dont de nombreux jeunes.

« Nous sommes encore en train d'enquêter pour comprendre la dynamique du naufrage », a expliqué Flavio Di Giacomo, porte-parole de l'OIM, selon lequel les premiers éléments laissent penser que le bateau a chaviré sous l'effet du mouvement des passagers quand ils ont aperçu les secours.

S'il était confirmé, ce qui n'était pas encore le cas du côté de Frontex et des autorités italiennes - a réagi prudemment le service du porte-parole du commissaire européen Dimitris Avramopoulos, mercredi matin -, ce nouveau drame serait encore plus important que celui d'octobre 2013 à Lampedusa où 366 migrants avaient péri et qui avait entraîné le lancement de l'opération italienne Mare Nostrum entre les côtes italiennes et la Libye. Il porterait également à plus de 900 le nombre de morts enregistrés par l'OIM en Méditerranée depuis le début de l'année, contre 47 pendant la même période en 2014.

Les Verts/ALE au PE ont déploré dans un communiqué ce nouveau drame. « Les gouvernements européens savent parfaitement ce qu'il y a lieu de faire, mais beaucoup se contentent de faire reposer la responsabilité sur les autres », a déclaré la Franco-Norvégienne Eva Joly. « À n'avoir pas voulu affronter la réalité en face, ils sont comptables de tous ces morts en Méditerranée. Nous avons besoin d'un sauvetage en mer coordonné et financé par tous les États membres. Nous ne pouvons pas abandonner les pays limitrophes comme l'Italie, la Grèce et l'Espagne en les laissant agir seuls », a jugé l'eurodéputée, appelant aussi les États membres à développer les voies légales d'arrivée dans l'UE.

Mardi 14 avril au PE, lors d'une audition, les eurodéputés de la commission des libertés civiles, et notamment les co-rapportrices sur la future Approche globale sur les migrations de la Commission européenne, Kashetu Kyenge (italienne, S&D) et Roberta Metsola (maltaise, PPE), avaient, elles aussi, plaidé pour le partage des responsabilités entre les Vingt-huit, l'élue italienne appelant tous les États membres à participer aux opérations de sauvetage en Méditerranée et à renforcer les activités de sauvetage en mer de l'agence Frontex.

L'ancien Premier ministre maltais Lawrence Gonzi avait, lui aussi, lors de cette audition, insisté sur le devoir, pour tous les États membres, de s'approprier cette problématique, jugeant « honteux » que la Méditerranée se transforme en « cimetière ». L'ancien responsable a notamment évoqué comme piste possible, outre le renforcement des moyens techniques de Frontex, le redéploiement en Méditerranée de missions telles que Eunavfor, qui lutte contre la piraterie en Somalie, ou de missions de la PESD de ce type. (Solenn Paulic)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL