Bruxelles, 23/03/2015 (Agence Europe) - Quitter l'Union européenne coûterait jusqu'à 2,2% de PIB en 2030 à l'économie britannique, à moins que le pays ne s'ouvre à davantage d'échanges commerciaux et accepte plus de travailleurs migrants issus du reste du monde, estime le 'think tank' Open Europe dans une nouvelle publication parue lundi 23 mars.
Open Europe a étudié 4 scénarios de sortie: le pire consisterait pour le Royaume-Uni (qui sortirait, selon cette projection, pour le 1er janvier 2018) en une perte de 2,2% de PIB d'ici à 2030 que des accords de libre-échange avec ses anciens partenaires ne suffiraient pas à eux seuls à compenser, estime Open Europe, alors que le meilleur impliquerait une hausse du PIB de 1,6% d'ici à 2030. Cette hausse reposerait sur un accord de libre-échange avec l'Europe ainsi que sur une dérégulation très poussée de l'économie britannique et une ouverture quasi totale des échanges commerciaux avec le reste du monde. Les travailleurs britanniques seraient toutefois alors confrontés à la concurrence de pays à coûts plus bas, juge le groupe de réflexion.
Les hypothèses les plus réalistes sont toutefois loin d'être catastrophiques, dans un sens comme dans l'autre, nuance Open Europe. Ainsi, le 'Brexit' pourrait aussi n'occasionner qu'une perte permanente de 0,8% du PIB d'ici à 2030 (si Londres ne négocie qu'un accord de libre-échange avec l'UE et ne fait rien d'autre) ou un gain de 0,6% de PIB dans le cas où le Royaume-Uni mènerait une politique consistant en un accord de libre-échange avec l'UE, le reste du monde et poursuivrait une politique de dérégulation.
« Le Brexit est loin d'être l'événement cataclysmique que certains ont prévu », insiste Open Europe, mais la transformation du Royaume-Uni en une économie dérégulée et reposant sur le libre-échange qui serait rendue nécessaire par une sortie de l'UE, si elle semble simple en théorie, pourrait « en pratique rencontrer de sérieuses résistances politiques au sein même du pays », avertit le 'think tank' qui pense que le pire des scénarios serait une sortie de l'UE assortie de politiques protectionnistes. (Solenn Paulic)