Bruxelles, 23/03/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a condamné, vendredi 20 mars, les violences au Yémen, dont les attentats à la bombe contre plusieurs mosquées à Sanaa pendant la prière le jour même, et appelé à des négociations pacifiques.
Ces attaques, tout comme les combats à Aden et l'attaque aérienne la veille sur le président Abd Rabbo Mansour Hadi, « visent clairement à faire dérailler encore plus le processus de transition au Yémen », a souligné la porte-parole de la Haute Représentante, Federica Mogherini. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a qualifié les attentats d'« odieux », soulignant que cibler des mosquées « ajoutait l'insulte à la blessure ». Au moins 142 personnes ont été tuées et plus de 350 blessées dans des attentats revendiqués par l'organisation État islamique.
La porte-parole de Mme Mogherini a aussi condamné le meurtre du journaliste Abdulkarim al Khaiwani, « dont le rôle dans la conférence de dialogue national et dans la défense des droits de l'homme a été un exemple positif au cours des dernières années ». Son meurtre « a aussi été un rappel brutal de la nécessité urgente que toutes les parties yéménites travaillent pour rétablir les conditions pour l'expression publique libre des opinions, notamment en veillant à l'indépendance des médias de toute ingérence politique », a ajouté la porte-parole.
L'UE appelle à cesser la violence
Ainsi, l'UE a exhorté toutes les parties à reprendre le dialogue et des négociations inclusives, en particulier celles menées par les Nations Unies. Dans ce contexte, la porte-parole de Mme Mogherini a rappelé que la libération du Premier ministre Bahah et d'autres membres de son gouvernement était un pas dans la bonne direction. Selon elle, « seul un large consensus politique via des négociations pacifiques dans une atmosphère exempte de peur parmi les principaux groupes politiques peut apporter une solution durable à la crise actuelle et préserver l'unité et l'intégrité territoriale du Yémen ». L'UE a prévenu qu'elle allait continuer à travailler avec tous les acteurs régionaux pour soutenir de manière constructive les efforts actuels pour parvenir à un règlement politique inclusif. « Aux côtés du peuple yéménite en ce moment critique », l'Union a ainsi réaffirmé son engagement à continuer de soutenir le Yémen dans sa transition.
« Toutes les parties doivent s'abstenir d'actes unilatéraux qui pourraient renforcer encore les positions et faire dégénérer une situation déjà très fragile et polarisée », a souligné la porte-parole. « Les parties devraient rejeter sans aucune équivoque la violence et la coercition en tant qu'outils politiques », a-t-elle ajouté.
Dans une déclaration unanime publiée dimanche 22 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies a rappelé son soutien au président Hadi, en lutte contre les miliciens chiites Houthis, menaçant une nouvelle fois de sanctions les Houthis. (Camille-Cerise Gessant)