Bruxelles, 23/03/2015 (Agence Europe) - Deux semaines après le lancement du 'quantitative easing' ('QE'), la Banque centrale européenne avait racheté pour 26,3 milliards d'euros de titres souverains au 20 mars, selon des données qu'a publiées l'institution européenne lundi 23 mars (EUROPE 11268).
Considérant le 'QE' comme un « instrument de politique monétaire », le président de la BCE, Mario Draghi, a estimé que l'impact du programme de rachat massif de titres souverains serait amplifié par les réformes que les États membres doivent poursuivre, lundi 23 mars lors d'un dialogue monétaire avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Il s'est inscrit en faux contre ceux pour qui le 'QE' restreindra la volonté des États de se réformer.
En réponse à une question de Fulvio Martusciello (PPE, italien), il a identifié 3 niveaux de réformes structurelles à appliquer: mettre en place le marché unique, créer un environnement positif pour les entreprises notamment en termes de pression fiscale, fluidifier le marché du travail. Il faut trouver le bon rapport entre dépenses courantes et d'investissement et l'Europe est « la région du monde où la ponction fiscale est la plus élevée », a noté M. Draghi, en réponse à Pervenche Berès (S&D, française) qui l'interrogeait sur les mesures possibles pour stimuler la demande en plus des réformes structurelles requises. Tentant de rassurer Burkhard Balz (PPE, allemand) inquiet pour la confiance des épargnants face à des taux d'intérêt très faibles, il s'est dit confiant qu'après le temps des critiques viendrait celui de l'acceptation du 'QE'. « La crédibilité de la BCE se joue aussi dans le respect de son mandat », à savoir maintenir une inflation moyenne à un niveau proche mais inférieur à 2%, a-t-il considéré. La BCE s'attend à ce que l'inflation reste basse cette année pour remonter progressivement fin 2015 (0% en 2015, 1,5 en 2016, 1,8% en 2017).
Réforme de l'UEM. Félicité par Sylvie Goulard (ADLE, française) pour l'ambition de la BCE en matière de réforme de l'Union économique et monétaire (UEM), M. Draghi a estimé que l'imperfection de la gouvernance de l'euro était « manifeste », appelant à des mesures supplémentaires à long terme afin de resserrer l'union économique et budgétaire en zone euro. (Mathieu Bion)