Les ventes mondiales de médicaments ont dépassé les 1 000 milliards de dollars en 2014. Les ventes de médicaments dans le monde ont augmenté de 8,8% en 2014 et atteint un chiffre d'affaires de plus de 1 000 milliards de dollars. En 2015, ce chiffre d'affaires devrait encore augmenter à 1 100 milliards de dollars, indique un rapport de IMS Health spécialisé dans les données sur la santé. Les ventes mondiales devraient continuer de croître de 4 à 7% d'ici à 2018 comparé à une croissance de 6,2% les cinq dernières années, portées par les pays émergents. Ceux-ci resteront en effet le moteur principal de la croissance du marché mondial des médicaments avec des taux de croissance annuels compris entre 10 et 11% prévus en Chine, au Brésil et en Inde, estime encore IMS Health. Le principal changement par rapport à la période 2009-2013 sera le retour en force de l'innovation avec de nouveaux produits très performants destinés à de larges populations et pouvant revendiquer des prix élevés alors que le poids des pertes de brevets devrait s'alléger, a commenté IMS Health. Ce qui devrait permettre à des marchés matures comme les États-Unis ou le Royaume-Uni d'afficher une croissance solide (+6,4% et +5,1% par an). IMS Health prévoit les évolutions suivantes par pays ou groupes de pays en 2018: - États-Unis: premier marché mondial, la part des États-Unis devrait s'éroder sensiblement pour passer de 41% en 2014 à 32%. - « Top 5 » Europe (Allemagne, France, Italie, Espagne et Royaume-Uni): la part devrait également baisser mais pas énormément (de 17% à 14%). - Chine: la part de marché devrait grimper de 9%, actuellement à 14%. - Japon: statu quo pour le Japon avec une part de marché stable de 8%. - Nouveaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde): légère augmentation de 5% à 8%. - Reste du monde: la part pour les autres pays du monde devrait passer de 20% à 24%. IMS Health estime par ailleurs que le modèle économique des « big pharmas » est aujourd'hui moins pertinent. S'ils tirent parti de la croissance des pays émergents, ce sont malgré tout les laboratoires locaux qui sont les principaux gagnants du développement de ces marchés. En matière d'innovation, ce sont les petits groupes au portefeuille d'activités limité qui ont tiré leur épingle du jeu en 2009-2014. En particulier, ce sont les laboratoires spécialisés dans un seul domaine qui réalisent des percées spectaculaires. C'est le cas, par exemple, de l'américain Gilead (virologie) ou du danois Novo Nordisk (diabète). IMS Health estime par conséquent que, sauf grosse opération de fusion ou acquisition, le marché pharmaceutique sera plus fragmenté à l'horizon 2020 qu'il ne l'est actuellement. En 2020, les 20 premiers groupes ne devraient représenter que 47% des ventes mondiales contre 57% en 2014 et 64% en 2004. Une tendance contraire à celle qui s'observe dans les autres secteurs économiques, où le regroupement d'activités s'observe de plus en plus. (Isabelle Lamberty)