Bruxelles, 23/03/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont présenté, lundi 23 mars, un instrument modèle de garantie pour l'agriculture. Il s'agit du premier nouveau produit développé dans le cadre du protocole d'accord signé en juillet 2014 par la Commission et la BEI sur la coopération dans l'agriculture et le développement rural.
Cet instrument financier vise à fournir aux agriculteurs et autres entreprises rurales un accès plus facile aux financements. Les États membres et les régions peuvent adapter et utiliser le modèle pour mettre en place des instruments financiers financés par les programmes de développement rural (au titre du Fonds européen agricole pour le développement rural, le FEADER). Objectif: garantir des prêts pour des investissements pour améliorer les performances d'une exploitation, la transformation et la commercialisation.
La BEI a aussi prévu de fournir des conseils pour aider les États membres et les régions à mieux comprendre et utiliser les instruments financiers.
Selon les règles du FEADER, les États membres et les régions peuvent inclure des instruments financiers (tels que les fonds de garantie, des fonds de roulement et des fonds d'actions) dans les programmes de développement rural 2014-2020, lorsque l'utilité de le faire a été démontrée ex ante. Cependant, dans les programmes de développement rural présentés à ce jour par les autorités nationales et régionales, il y a peu de dispositions favorisant l'utilisation d'instruments financiers, « en partie en raison d'un manque de connaissance de ces instruments », admettent la BEI et la Commission.
Lors d'une rencontre rapide avec la presse, lundi, Phil Hogan, le commissaire à l'Agriculture, a indiqué que, si les pays de l'UE utilisaient ces instruments financiers sur la période 2014-2020, comme certains pays (Roumanie, Allemagne et Royaume-Uni, a-t-il cité) l'ont fait sur la période précédente (2007-2013), « nous pourrions ajouter 20 milliards d'euros de plus en garantie pour développer l'emploi dans les zones rurales de l'UE ». Par exemple, en Roumanie, entre 2010 et 2014, 426 millions d'euros de prêts ont été octroyés en fournissant une garantie de seulement 116 millions d'euros, soit plus de 3,5 euros de prêts pour un euro fourni par le fonds.
Parmi les domaines où ces instruments financiers pourraient intervenir, M. Hogan a cité: - les investissements dans le secteur du lait pour profiter des nouvelles opportunités découlant de la fin des quotas laitiers (le 31 mars prochain, ces quotas expirent) ; - aider les jeunes agriculteurs à démarrer une activité ; - aider les agriculteurs et les gestionnaires des forêts à acheter davantage d'équipements plus efficaces.
M. Hogan encourage les États membres à modifier leurs programmes de développement rural en conséquence, car cela peut générer 3,5 fois plus d'argent pour des investissements dans les zones rurales. (Lionel Changeur)