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Bulletin Quotidien Europe N° 11273
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) sÛretÉ alimentaire

Résidus de pesticides, l'EFSA se veut toujours rassurante

Bruxelles, 12/03/2015 (Agence Europe) - Plus de 97% des échantillons alimentaires testés dans le cadre de la surveillance européenne des pesticides dans les aliments révèlent des taux de résidus dans les limites tolérées par la législation de l'UE, selon un rapport publié jeudi 12 mars par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Ce rapport annuel sur les résidus de pesticides dans les aliments transformés et non transformés fait la synthèse des résultats des contrôles effectués en 2013 dans 27 États membres de l'UE, ainsi qu'en Norvège et en Islande dans le cadre de deux programmes de surveillance: un programme national conçu par chaque pays et un programme coordonné par l'UE.

Il montre que le niveau des résidus multiples (c'est-à-dire des résidus de plus d'un pesticide) dans les fruits et légumes a de nouveau augmenté, mais l'EFSA conclut qu'au vu des données toxicologiques disponibles il est peu probable que l'exposition alimentaire aux pesticides couverts par le programme de surveillance coordonné représente un danger à long terme pour la santé des consommateurs. Au grand dam des ONG comme PAN Europe.

Voici les principaux enseignements du rapport:

Sur 80 967 échantillons d'un large éventail de produits alimentaires analysés pour détecter la présence de 685 pesticides, 97,4% présentaient des taux de résidus conformes aux limites maximales autorisées (LMR) par la législation de l'UE (contre 98,1% l'année précédente) ;

54,6% des échantillons ne contenaient aucune trace détectable de résidus tandis que 42,8% des échantillons contenaient des résidus détectables mais n'excédant pas les limites légales ;

2,6% de tous les échantillons dépassaient les limites légales (2116 échantillons) ;

1,5% des échantillons dépassaient nettement les limites légales ;

Des résidus multiples ont été détectés dans 27,3% des échantillons (contre 26,1% en 2012). Les produits présentant le plus fort pourcentage d'échantillons contenant des résidus multiples étaient les fraises (63%), les pêches (53%,), les pommes (46%) et la laitue (36%).

La majorité des échantillons (68,2%) a été prélevée dans des aliments originaires d'Europe, tandis que 27,7% provenaient d'aliments importés de pays tiers. Le pourcentage d'échantillons issus de pays tiers et dépassant les limites maximales autorisées était plus élevé (5,7%) que celui relevé dans les échantillons d'aliments des pays de l'UE et de l'Espace économique européen (1,4%). Mais les taux de dépassement pour les aliments importés ont baissé depuis 2012 (7,5%).

Au titre du programme coordonné par l'UE, les Etats ont testé 11582 échantillons d'un panier de 12 produits alimentaires (pommes, choux pommés, poireaux, laitues, pêches, seigle ou avoine, fraises, tomates, lait de vache, viande de porc et vin) pour identifier la présence éventuelle de 209 pesticides.

Les résultats indiquent que 99,1% des échantillons analysés contenaient des concentrations de résidus dans les limites admissibles et que près de 53% des échantillons ne contenaient aucun résidu mesurable. Mais des échantillons contenant des résidus multiples ont été détectés dans tous les aliments.

Dans les aliments d'origine animale, aucun dépassement n'a été relevé pour le seigle, le lait de vache et la viande de porc. Les records de dépassement ont été enregistrés pour les fraises (2,5 % des échantillons), la laitue (2,3% des échantillons), l'avoine (1,3%), les pêches (1,1%) et les pommes (1%). Pour tous les autres produits, les taux de dépassement étaient inférieurs à 1% (choux pommés: 0,9%, tomates: 0,9%, poireaux: 0,5% et vin: 0,1%)

Pour la plupart des pesticides évalués, l'exposition alimentaire aiguë (ou risques cumulés) à court terme était négligeable ou d'une ampleur peu susceptible d'être un motif de préoccupation pour la santé. Cette exposition dépassait les seuils toxicologiques fixés pour les effets cumulés (ARfd) dans 218 échantillons sur 18 747. La plupart de ces dépassements concernaient des résidus de chlorpyrifos, et l'EFSA les attribue à l'abaissement récent de la valeur de référence toxicologique pour ce pesticide. De même, l'exposition à long terme était négligeable ou conforme à la dose toxicologique acceptable pour tous les pesticides sauf le dichlorvos qui n'est plus autorisé dans l'UE.

PAN Europe (Pesticide Action Network) accuse l'EFSA de ne pas présenter la bonne méthode d'évaluation de la toxicité multiple et ce depuis neuf ans déjà, puisque la directive 396/2005 lui demandait de le faire. « Si 97% des aliments consommés dans l'UE n'excèdent pas les valeurs limites maximales autorisées, le nombre total de résidus de pesticides dans l'alimentation a augmenté au cours des dernières années, ce qui est préoccupant puisqu'on sait peu de chose sur les effets combinés des effets des pesticides sur la santé humaine », déclare Martin Dermine de PAN Europe. L'ONG estime que les normes alimentaires actuelles ne protègent pas la santé des consommateurs contre les cocktails toxiques et devraient donc, urgemment être rendues plus strictes. (Aminata Niang)

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