Bruxelles, 29/01/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères européens ont décidé jeudi 29 janvier de demander de nouvelles sanctions contre des personnes et entités qui menacent ou sapent la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine et de prolonger jusqu'en septembre 2015 les sanctions individuelles prises en mars 2014 et complétées depuis.
Ainsi, « compte tenu de l'aggravation de la situation, le Conseil accepte de prolonger jusqu'en septembre 2015, en pleine conformité avec les exigences du droit communautaire, les mesures restrictives visant les personnes et entités qui menacent ou sapent la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, adoptée en mars 2014 et mises à jour ultérieurement », soulignent les conclusions du Conseil Selon les ministres belge Didier Reynders et luxembourgeois Jean Asselborn, cette prolongation n'a pas eu besoin de discussion.
Les ministres invitent aussi la Haute Représentante Federica Mogherini et la Commission à présenter « d'ici une semaine » une proposition de décision sur des listings supplémentaires « pour une décision au Conseil Affaires étrangères du 9 février ».
Précisant qu'il allait continuer à suivre de près la situation sur le terrain et les efforts diplomatiques en cours, le Conseil demande que les services de la Commission et du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) entreprennent des travaux préparatoires supplémentaires sur « toute action appropriée visant à assurer une mise en œuvre rapide et complète des accords de Minsk ». Mme Mogherini a précisé que des mesures économiques en faisaient partie. Les discussions se sont prolongées sur ce point, selon le ministre belge, qui n'a pas donné plus de détails.
Attitude « constructive » de la Grèce. La peur d'un véto grec était injustifiée. Le ministre grec a expliqué qu'il n'était pas contre toutes les sanctions, mais qu'il était contre de nouvelles sanctions. Mme Mogherini a souligné que le ministre grec Nikos Kotzias avait eu « une attitude constructive », cherchant une unité. Une source européenne a précisé que la délégation grecque s'était montrée favorable à un compromis, alors que d'autres délégations ont fait preuve de résistance. Par exemple les chefs de gouvernement de l'Autriche, de la République Tchèque et de la Slovaquie ont souligné dans la journée que « des sanctions supplémentaires, ou un renforcement des sanctions actuelles, ne pouvaient, dans le meilleur des cas, être qu'un pis-aller et ne pourront jamais remplacer un plan de paix ». Selon M. Kotzias, les Britanniques auraient hésité à donner leur accord sur le renforcement des sanctions.
Condamnation du bombardement de Marioupol. Les ministres ont condamne fermement le bombardement aveugle de zones résidentielles, en particulier à Marioupol, et la récente escalade des combats dans les régions de Donetsk et Lougansk, se disant « choqués par le nombre élevé de victimes ». Tout comme l'ont fait les chefs d'Etat et de gouvernement (EUROPE 11240), les ministres notent « la preuve du soutien continu et croissant accordé aux séparatistes par la Russie, ce qui souligne la responsabilité de la Russie ». Le Conseil attend que Moscou use de son influence pour inciter les séparatistes, « sans attendre », à arrêter leurs actions hostiles et à être la hauteur de leurs engagements en vertu des accords de Minsk. « Toutes les parties (doivent) assumer pleinement leurs responsabilités et mettre en œuvre leurs engagements en vertu des accords de Minsk », souligne le Conseil. Il invite « en particulier » la Russie à condamner les actions des séparatistes. Les ministres rappellent que l'UE « soutiendra activement tous les efforts diplomatiques propices à la création d'un nouvel élan politique » et « s'engagera davantage si nécessaire ». Selon eux, les efforts devraient être entrepris « de bonne foi » et conduire à des « résultats significatifs » et la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk en tant que base d'une solution politique durable au conflit, « doit rester au centre de ces discussions ».
Le Conseil encourage les autorités ukrainiennes à prendre « rapidement » les mesures juridiques destinées à permettre à la Cour pénale internationale d'examiner les crimes présumés contre l'humanité commis sur le territoire ukrainien en 2014 et en 2015.
Comme déjà discuté lors du Conseil du 19 janvier (EUROPE 11233), les ministres veulent s'attaquer à la 'propagande russe', en priant Mme Mogherini de « redoubler d'efforts », en coopération avec les États membres et les institutions de l'UE, pour améliorer la communication stratégique en soutien des politiques de l'UE et pour explorer des options pour la mise en place d'une équipe de communication dédiée à mener ces actions. Selon les ministres, ces efforts devraient inclure une communication proactive des politiques de l'UE, la correction de la désinformation, et le soutien au développement de médias indépendants dans toute la région.
Les ministres réitèrent aussi leur appel au gouvernement ukrainien à accélérer la mise en œuvre des réformes politiques et économiques, l'exhortant à fournir des résultats concrets dans des domaines clés. (CG, EL, MD)