Bruxelles, 27/01/2015 (Agence Europe) - Le commissaire en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, envisage la participation à titre volontaire des entreprises énergétiques européennes à un possible mécanisme d'achat en commun de gaz, excluant ainsi l'option d'un mécanisme obligatoire.
« Je pense que nous devrions examiner une approche graduelle avec un regroupement volontaire et avec un déclencheur pour l'utilisation d'un tel mécanisme lorsque la situation est difficile, non transparente, et que nous sommes en situation de crise », a expliqué M. Sefcovic devant le Parlement européen, lundi 26 janvier, lors d'une réunion extraordinaire de la commission de l'énergie.
Le mécanisme d'achat en commun de gaz est un élément clé du projet d'Union de l'énergie, pour lequel M. Sefcovic a promis, lundi, des propositions pour la fin février, incluant un cadre stratégique assorti d'une feuille de route pour sa mise en oeuvre. Dans les traces des précurseurs du projet d'Union de l'énergie - l'ex-président de la Commission Jacques Delors et l'ex-président du Parlement européen et actuel président de la commission de l'énergie, Jerzy Buzek (PPE, polonais), qui avaient avancé l'idée d'un pool d'achat de gaz en commun, - l'ex-Premier ministre polonais et désormais président du Conseil européen, Donald Tusk, en avait fait, dans sa proposition du printemps 2014, un élément essentiel pour renforcer la position de négociation des États membres d'Europe orientale, largement dépendants du gaz russe (EUROPE 11065).
L'achat en commun de gaz est « une question très sensible et technique qui nécessite une analyse très soigneuse au plan juridique », a insisté M. Sefcovic lundi, soulignant la nécessité qu'un tel mécanisme soit à la fois conforme avec le droit communautaire en matière de concurrence et avec les règles de l'OMC. « La Commission examine cette proposition dans le détail », a-t-il ajouté, précisant que les pays d'Europe de l'Ouest sont plus ou moins satisfaits de la situation en cours concernant l'achat de gaz, tandis que les pays d'Europe centrale et de l'Est pressent fortement pour un mécanisme commun. Certains États membres - l'Allemagne et le Royaume-Uni en tête - soulèvent des doutes à l'égard d'un tel concept. (EH)