Bruxelles, 27/01/2015 (Agence Europe) - Trois semaines après les attentats ayant coûté la vie à 17 personnes en France, les ministres de l'Intérieur de l'UE se réuniront jeudi 29 janvier à Riga, en Lettonie, pour évoquer la réponse européenne aux actes terroristes et les moyens de mieux prévenir les menaces et la radicalisation des individus.
Vendredi 30 janvier, les ministres de la Justice de l'UE discuteront de la réponse judiciaire à ces actes terroristes et au phénomène des combattants étrangers. Les autres sujets importants de cette réunion informelle sont la réforme des règles européennes de protection des données personnelles (débat vencredi) et la gestion des flux migratoires, qui sera traitée au déjeuner des ministres de l'Intérieur jeudi.
Concernant la réponse aux actes terroristes, les ministres débattront notamment des propositions du coordinateur de l'UE dans la lutte contre le terrorisme résumées dans une note qui a déjà été discutée le 20 janvier au Comité permanent de sécurité intérieure (COSI) et qui s'inspirait des propositions avancées par la France. L'idée générale est de détecter les défaillances des instruments dont dispose l'UE aujourd'hui et de voir si d'autres outils sont nécessaires. Les ministres devraient parler ainsi du renforcement du partage d'informations avec Europol, très peu de pays échangeant actuellement leurs données avec l'agence de coopération policière européenne et des moyens de mieux encadrer les sites web. La France voudrait une directive sur le 'déréférencement' des sites Internet abritant des contenus radicaux. Le coordinateur Gilles de Kerchove demande aussi à la Commission d'explorer d'éventuelles nouvelles règles. Normalement, explique une source, « des demandes concrètes adressées à la Commission » devraient émerger de cette discussion. Ainsi, il pourrait être à nouveau demandé à la Commission d'envisager une modification du 'code frontières Schengen' pour permettre des contrôles plus systématiques de ressortissants européens lorsqu'ils reviennent dans l'UE. L'idée d'améliorer l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) sera évoquée. La Commission pense toutefois que les États membres peuvent avancer sur ces aspects sans modification législative.
Sur le PNR (Passengers Name Records) européen, les ministres devraient à nouveau exprimer leur envie de voir ce dossier aboutir le plus vite possible, mais leur marge de manoeuvre semble limitée tant que le Parlement européen ne prendra pas position. Une audition en commission des libertés civiles du PE, mardi 27 janvier, a encore mis au jour les divergences de vues sur ce dossier. Eva Joly (Verts, française) a dit que « les verts y sont tout à fait opposés ». Pour l'écologiste, le PNR européen « est une fuite en avant qui masque l'inaction » des services compétents. Jeudi 28 janvier, les groupes ADLE et PPE devraient dire ce qu'ils attendent du futur PNR européen. Un débat en plénière se tiendra jeudi sur ce thème. Sur la protection des données personnelles, la discussion devrait rester assez limitée. « Il s'agira de parler du lien entre le règlement général et la directive qui traite le volet de la coopération judiciaire ». Jeudi après-midi, une réunion JAI du Partenariat oriental sera également organisée. (SP)