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Bulletin Quotidien Europe N° 11240
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

A. Tsipras nomme Y. Varoufakis ministre des Finances

Bruxelles, 27/01/2015 (Agence Europe) - Alexis Tsipras, nouveau Premier ministre de la Grèce, a nommé, mardi 27 janvier, Yanis Varoufakis, ministre des Finances.

Cet économiste de 53 ans est connu pour sa ligne dure sur l'austérité à laquelle il veut mettre fin et sa volonté claire de renégocier les termes du programme d'ajustement ainsi que la dette grecque. L'indice général de la Bourse d'Athènes a chuté de plus de 5% après l'annonce de la composition du gouvernement grec.

L'Eurogroupe disposé à coopérer

Lundi soir, à l'issue de l'Eurogroupe, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a estimé que la formation rapide d'un gouvernement était une « nouvelle positive » signifiant que le pays est capable de se mettre rapidement au travail pour faire face aux défis qui nécessitent « des réformes ». Interrogé sur l'écart plutôt flagrant entre le programme électoral de Syriza et le programme d'ajustement économique en place, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a pris note des ambitions affichées par le nouveau pouvoir, dont celle de « rester dans l'eurozone ». Notant que les marchés avaient réagi modérément aux résultats des élections législatives grecques, le Néerlandais a jugé crucial de ne pas rendre vains les progrès réalisés jusqu'à présent. « Les discussions seront difficiles, mais elles n'ont pas encore commencé », a-t-il commenté, rappelant que les problèmes « sont toujours là » et « doivent toujours être réglés ». Même son de cloche du côté allemand. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a souligné que les élections ne changeaient pas les termes du programme. Son homologue français, Michel Sapin, a noté que le parti Syriza majoritaire se disait déterminé à lutter contre la fraude fiscale. « La lutte contre la corruption et la fraude fiscale, c'est un programme de réformes et ce n'est peut-être pas le point où l'on a eu une réponse des plus allantes » des précédents gouvernements, a-t-il considéré.

M. Dijsselbloem n'a pas pu dire quand la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) retournerait à Athènes, alors que le 2ème plan de sauvetage court jusque fin février. « Nous avons besoin d'attendre la position du nouveau gouvernement sur le futur du programme », a-t-il dit.

La pertinence du ratio dette/PIB questionnée. Interrogé sur la question de la viabilité de la dette grecque, le directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF), Klaus Regling, a réorienté le débat sur cette question: « Je l'ai dit plusieurs fois publiquement: il n'y a pas de surendettement en Grèce, en tous cas pour les prochaines années, si les réformes continuent, parce que la solidarité fournie est si importante que le ratio dette/PIB, que beaucoup regardent, n'est pas suffisant pour juger la vraie situation sous-jacente ». M. Sapin a rappelé l'engagement des ministres de faire un geste pour alléger le poids de la dette grecque. En 2012, l'Eurogroupe s'était engagé à prendre de nouvelles décisions si la Grèce dégageait un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette), si elle respectait ses engagements et si une telle réduction s'avèrait nécessaire. M. Sapin n'a pas donné son point de vue sur la question, préférant attendre une requête de la Grèce.

Mardi, le ministre espagnol, Luis De Guindos, a relevé que son pays avait prêté 26 milliards d'euros à la Grèce, soit l'équivalent « de ce que nous dépensons en un an pour aider les personnes sans emploi ». « N'importe quel politique responsable voudrait récupérer cet argent », a-t-il ajouté. Et d'estimer qu'Athènes, qui « n'a pas encore accès aux marchés financiers », avait encore besoin de l'aide de l'Eurozone. (EL)

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