Vers des bénéfices records pour les compagnies aériennes en 2014. Selon les dernières prévisions de l'Association du transport aérien international (IATA), les compagnies aériennes devraient enregistrer en 2014 un bénéfice net record de 19,9 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires cumulé de 751 milliards (+4,7%), soit quasi le double que le bénéfice enregistré en 2013 (10,6 milliards de dollars). L'année 2015 devrait encore faire mieux avec un bénéfice net attendu de 25 milliards de dollars. Cette embellie spectaculaire est essentiellement due à la baisse des prix des produits pétroliers (environ -10% sur un an). Le fret aérien et les passagers devraient bénéficier de cette situation favorable, les compagnies aériennes répercutant une partie de la baisse des prix du pétrole sur le prix des billets. L'IATA estime que les tarifs seraient réduits d'environ 5,1% en 2015 pour les passagers et de 5,8%pour le fret, avec pour conséquence une croissance du trafic passagers qui passerait de 5,4% en moyenne à 7% en 2015 et de 2,3% à 4,3% pour le cargo. Le trafic aérien mondial, qui avait franchi le cap des 3 milliards de passagers l'an dernier, pourrait ainsi dépasser les 3,5 milliards l'an prochain. Les bénéfices de cette croissance resteront toutefois inégalement répartis. Mis à part le trafic vers et en provenance des pays africains, lourdement impactés par l'épidémie d'Ebola, c'est en Europe que la rentabilité des compagnies aériennes est et restera la plus faible. Bien qu'en nette amélioration, la marge brute d'exploitation des transporteurs européens ne devrait pas dépasser 1,9% cette année et 2,4% en 2015 contre, respectivement, 7,6% et 8,4% pour leurs concurrents nord-américains, devant les asiatiques (6,4% en 2014), les latino-américains (3,5% en 2014) et ceux du Moyen-Orient (2,6% en 2014). L'IATA relativise toutefois ces chiffres, estimant que la rentabilité du transport aérien reste globalement très modeste et fragile. La moindre évolution du cours du pétrole ou le moindre événement négatif dans la sphère géopolitique pourrait faire replonger le secteur dans le rouge, souligne l'IATA. (IL)