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Bulletin Quotidien Europe N° 11220
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

F. Timmermans promet plus de dialogue avec le PE sur le programme 2016

Bruxelles, 17/12/2014 (Agence Europe) - « En 2016, nous donnerons plus d'espace politique au dialogue avec le PE ». C'est avec cet engagement que Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, a répondu mardi 16 décembre aux critiques émises par certains élus européens sur le manque de transparence ayant entouré la préparation du programme de travail de la Commission pour l'année 2015.

Sophie in't Veld (ADLE, néerlandaise) a déploré le manque d'informations données au PE et le fait que beaucoup de députés s'étaient renseignés sur ce programme de travail sur la base « de documents ayant fuité dans la presse ». Le Néerlandais a indiqué qu'il avait rencontré ces dernières semaines « de nombreux élus, des chefs de groupes », notamment à Strasbourg. Il a admis que « nous avons beaucoup écouté mais pas tellement eu de dialogue, de dialogue politique ». Ce programme de travail compte 23 nouvelles initiatives, dont celle phare sur le plan d'investissement prévoyant une législation sur un Fonds européen d'investissements stratégiques ou le paquet sur le marché unique numérique. Il supprime 80 actes législatifs (EUROPE 11219). Dans ce programme, « rien ne se fera sans l'aval du PE », a promis M. Timmermans. Ces actes seront bel et bien supprimés avec l'aval du PE. Les eurodéputés se prononceront en janvier sur ce programme de travail.

Le programme de travail 2015 a suscité des réactions diverses. Salué par le parti PPE et son président, Manfred Weber, qui y voit le moyen de remettre l'UE sur la voie de la croissance et de l'emploi, il doit, pour d'autres, encore faire ses preuves. C'est l'avis d'Eurochambres, l'association des chambres de commerce et d'industrie, qui pense que l'objectif de réduction de la bureaucratie va dans le bon sens pour les entreprises. Mais c'est seulement le contenu de ces nouvelles propositions qui permettra d'évaluer la qualité de ce programme et son impact sur l'emploi et la croissance. Du côté du S&D, la mise en œuvre et la concrétisation des engagements seront décisives également, a jugé Gianni Pittella, en particulier la concrétisation des annonces de M. Juncker sur la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales.

Le Royaume-Uni a plutôt bien accueilli le programme. Tout en retenue, le gouvernement britannique a dit dans un communiqué y voir les résultats de ses efforts. Le Royaume-Uni « a mené le débat en Europe sur la façon dont il faut réduire la charge bureaucratique » et il est « bienvenu » que la Commission se montre décidée à le faire. La Confédération européenne des syndicats (CES) est déçue. « Il est juste de donner la priorité à l'emploi et à l'économie. Toutefois, il n'y a pas une seule proposition visant à améliorer la protection des travailleurs, des consommateurs et de l'environnement. Ce qui ne semble pas être le meilleur moyen de restaurer la confiance des gens vis-à-vis de l'Europe. Il s'agit d'un programme favorable aux grandes entreprises, sans aucun signe de l'engagement de Juncker en faveur de l'économie sociale de marché: c'est tout pour le marché, rien pour le social», a dit Bernadette Ségol. (SP)

 

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