Bruxelles, 02/12/2014 (Agence Europe) - Les Kosovars sont d'avis que le dialogue qu'ils mènent avec les Serbes doit mener à une reconnaissance mutuelle des deux États.
« Nous ne devrions pas avoir une continuation du dialogue à moins et sans qu'il y ait un objectif clair, un paramètre clair qui, pour nous, doit mener à une reconnaissance mutuelle », a expliqué le ministre des Affaires étrangères kosovar, Enver Hoxhaj, mardi 2 décembre lors d'une conférence de presse tenue au Parlement européen. Il a considéré que cette reconnaissance mutuelle serait la pleine normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo. La Serbie refuse à ce stade de reconnaître l'indépendance du Kosovo.
Lors d'une audition au Parlement européen un peu plus tôt, M. Hoxhaj a expliqué que son pays serait prêt, d'ici trois à cinq ans, « à résoudre toutes les questions encore ouvertes et à aboutir à un accord de paix ». « Nous espérons qu'à la fin du dialogue, nous aurons un accord contraignant acceptable par les deux parties, couvrant un processus de réconciliation, une reconnaissance mutuelle », a annoncé le ministre. Il a précisé qu'il fallait mettre en place tous les accords déjà conclus et qu'il ne s'agissait pas de les renégocier.
Selon M. Hoxhaj, dès sa mise en place la semaine prochaine, le gouvernement kosovar abordera la nouvelle étape du dialogue avec la Serbie. Il a annoncé que son pays avait préparé un document non officiel comprenant les nouveaux sujets qui devraient être discutés dans la suite du dialogue, parmi lesquels les frontières, les successions ou encore les retraites.
De son côté, le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a précisé que les sujets exacts de discussion n'avaient pas encore été définis et qu'ils le seraient durant le prochain cycle de discussions. « Tous les sujets vont être mis sur la table », a expliqué le ministre, précisant que la communauté internationale était intéressée par la mise en oeuvre des accords déjà obtenus.
Le ministre kosovar a aussi appelé les cinq États membres (Espagne, Chypre, Roumanie, Grèce et Slovaquie) qui ne l'ont pas fait à reconnaître le Kosovo comme un État indépendant.
Maja Kocijancic, porte-parole de la Haute Représentante, Federica Mogherini, a précisé que le dialogue portait sur la normalisation des relations et que l'UE attendait la formation du gouvernement kosovar pour renouer les contacts et voir comment relancer le dialogue. Elle a rappelé que la reconnaissance d'un État n'était pas de la compétence de l'UE mais des États membres ou des pays tiers. (CG)