Bruxelles, 02/12/2014 (Agence Europe) - 2 milliards d'euros sur les dix prochaines années: c'est le budget dont sera doté le deuxième programme de partenariat sur les essais cliniques entre pays européens et pays en développement (European and Developing Countries Clinical Trials Partnership programme -EDCTP) pour combattre les maladies infectieuses dévastatrices, surtout dans les pays d'Afrique subsaharienne, a annoncé la Commission européenne, mardi 2 décembre. 2 milliards d'euros, c'est le doublement du budget de recherche dont était dotée la première mouture du programme (EDCTP 1)
Ebola et maladies négligées. Ce programme sera dédié non seulement aux maladies comme le sida, le paludisme et la tuberculose, dites 'maladies de la pauvreté', mais il sera désormais étendu à Ebola et à certaines maladies infectieuses et parasitaires négligées comme les ankylostomoses. Il couvrira toutes les étapes de mise au point et d'essais cliniques, ce qui permettra de financer un nouveau traitement, depuis sa sortie du laboratoire jusqu'à son approbation et sa surveillance ultérieure.
L'UE contribuera à ce budget à hauteur de 683 millions d'euros (contre 200 millions d'euros précédemment) en prélevant sur les ressources du programme-cadre de recherche et d'innovation Horizon 2020. 1,5 milliard d'euros proviendront des pays européens, avec un engagement accru des contributeurs du secteur privé. La Commission escompte que la contribution du secteur privé atteindra 500 millions d'euros (contre 70 millions précédemment). Un mémorandum d'accord a d'ores et déjà été signé ave la Fondation Bill et Melinda Gates et un autre est sur le point de l'être avec la Fondation Calouste Gulbenkian.
« Les maladies infectieuses comme le Sida, Ebola ou le paludisme constituent une menace mondiale majeure, mais ce sont les communautés pauvres qu'elles frappent le plus durement. La dernière épidémie d'Ebola nous rappelle qu'il faut davantage d'efforts de recherche pour trouver de nouveaux médicaments et des vaccins qui aideront à sauver des millions de vies », souligne Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, la Science et l'Innovation. « Les maladies infectieuses négligées et la recherche appliquée sont maintenant couvertes, ce qui offre aux pays africains de grandes opportunités d'améliorer leurs systèmes de soins de santé », se réjouit John Gyapong, membre du conseil d'administration de l'association EDTP qui rassemble 13 pays européens (Allemagne, Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Norvège) et 11 pays d'Afrique (Cameroun, Congo, Gambie, Ghana, Mozambique, Niger, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda et Zambie).
À la fin 2012, le partenariat EDCTP avait financé 246 projets impliquant des chercheurs de 259 institutions dans 30 pays d'Afrique sub-saharienne et 16 pays européens. L'épidémie d'Ebola en cours en Afrique de l'Ouest a franchi le cap des 7 000 morts. Le Sida fait plus de 1,5 million de morts par an, tandis que le paludisme et la tuberculose réunies tuent chaque année 2,1 millions de personnes. (AN)