Bruxelles, 01/12/2014 (Agence Europe) - Onze ministres de l'Environnement sont montés au créneau, lundi 1er décembre, pour demander à la Commission Juncker de conserver l'économie circulaire et la politique pour un 'Air pur en Europe' parmi les grandes priorités des années à venir, pour le salut de la santé publique, de l'économie européenne et de la planète.
La perspective de voir ces deux paquets législatifs soumis à la moulinette du 'Mieux légiférer' a poussé les ministres de onze pays (Allemagne, Belgique, Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Portugal, Slovénie et Suède) à écrire au président Juncker et aux commissaires concernés, à l'heure où la Commission définit ses priorités pour les années à venir et prépare son programme de travail pour 2015.
« Une politique progressive de qualité de l'air et une économie circulaire efficace sont d'une importance primordiale pour atteindre deux des principaux objectifs du 7ème programme d'action pour l'environnement (7ème PAE), à savoir transformer l'Union en une économie sobre en carbone, efficace dans l'utilisation des ressources, verte et compétitive et préserver les citoyens de l'UE des pressions liées à l'environnement et au risque pour leur santé et leur bien-être », écrivent les signataires.
Ils soulignent aussi que « la pollution de l'air demeure un fardeau majeur au plan économique et social pour les citoyens européens », raison pour laquelle « une large majorité d'entre eux - 79% selon un récent sondage Eurobaromètre - veut que l'UE agisse » (EUROPE 11150). Les récentes études alarmantes publiées coup sur coup par l'Agence européenne de l'environnement sur le coût astronomique de la pollution atmosphérique par l'industrie en Europe et l'exposition massive des citadins européens à la pollution de l'air apportent de l'eau à leur moulin (EUROPE 11205 et 11201).
Les ministres expriment leur « fort soutien au paquet sur l'efficacité des ressources et l'économie circulaire publié en juillet 2014 ainsi qu'au paquet 'Air pur' adopté en décembre par la Commission et sur lesquels le Conseil et le Parlement ont déjà commencé à travailler » (EUROPE 11186, 1113). Ils invitent la Commission à « analyser attentivement les opportunités offertes par le paquet Économie circulaire » pour le développement durable et, en particulier, l'emploi. Rappelons que M. Juncker a chargé le commissaire Karmenu Vella (Environnement) de faire un état des lieux des négociations sur la stratégie de l'air pour s'assurer qu'elle s'attaque bien aux bonnes sources de pollution avec les instruments idoines et de vérifier que le paquet 'Économie circulaire' (dont la révision des directives 'Déchets' est le seul instrument législatif) est cohérent avec l'agenda pour la croissance et l'emploi, ainsi qu'avec les objectifs environnementaux (EUROPE 11157).
Le courrier des onze ministres est adressé au président Juncker, aux vice-présidents Timmermans (Mieux légiférer), Sefcovic (Union de l'Energie) et Katainen (Emploi, Croissance, Investissements), ainsi qu'aux commissaires Canete (Action pour le climat et Énergie),Vella (Environnement, Affaires maritimes et Pêche) et Bienkowska (Industrie).
Karmenu Vella partiellement rassurant. Karmenu Vella, qui reprend le flambeau sur deux dossiers phares dont Janez Potoènik s'était fait le chantre, a confirmé lundi l'importance qu'il attache à la réalisation d'une économie durable dans un discours devant le Bureau européen de l'environnement (BEE).
« Le 7ème programme d'action pour l'environnement 'Bien vivre dans les limites écologiques de la planète' nous dit exactement que faire et comment faire jusqu'en 2020 pour atteindre une économie durable. Nous devons utiliser les instruments que nous avons à notre disposition pour renforcer les piliers intelligents et durable de la stratégie EUROPE 2020. Ce sera, pour moi, l'une des premières priorités dans les mois à venir », a-t-il déclaré. Il s'exprimait devant le BEE, à l'occasion du quarantième anniversaire de cette fédération d'ONG.
Il a également insisté sur « l'importance d'avancer sur l'agenda de l'efficacité des ressources et l'économie circulaire ». Mais s'agissant de la qualité de l'air, le commissaire a insisté sur la nécessité de faire appliquer la législation existante. « Il est de la plus grande importance que nous nous concentrions sur notre santé et le bien-être. Nous pouvons le faire par notre travail sur la qualité de l'air, l'initiative pour l'eau et REACH. Et j'insiste sur l'importance de la mise en oeuvre. Ce n'est que lorsqu'elle est pleinement et correctement mise en oeuvre que la législation produit des résultats et des bénéfices ». (AN)