Bruxelles, 01/12/2014 (Agence Europe) - L'ancien Premier ministre polonais, Donald Tusk, 57 ans, a pris les rênes, lundi 1er décembre, du Conseil européen pour un mandat fixé à 2 ans et demi.
Désigné par ses pairs le 30 août dernier, le Polonais, ancien membre du célèbre syndicat Solidarnosc, succède au Belge Herman Van Rompuy qui a officié pendant 5 ans au Justus Lipsius. Alors qu'Herman Van Rompuy a été perçu comme un maître dans l'art du compromis (en plus d'être un maître du haïku), Donald Tusk est jugé par plusieurs médias plus « rugueux » et peut- être moins consensuel. Son mandat commence en tout cas avec des déclarations énergiques sur la Russie, le Polonais ayant jugé que la Russie de M. Poutine constituait « un problème stratégique » pour l'UE, plutôt qu'un « partenaire stratégique », a-t-il confié le 29 novembre au Financial Times.
Lundi 1er décembre, M. Tusk a cité quatre grands défis à relever pendant son mandat: protéger les valeurs européennes comme l'unité, la liberté et la solidarité contre des menaces « de l'intérieur et de l'extérieur » ; développer l'union économique et monétaire, renforcer le rôle sur la scène internationale avec les relations avec les États-Unis comme « colonne vertébrale » de la communauté des démocraties et vaincre la crise économique. Parmi ces chantiers figurent aussi les efforts pour maintenir le Royaume-Uni dans l'UE ou pour aider la Commission à faire vivre le Plan d'investissement de 315 milliards présenté par le nouveau président de la Commission, Jean-Claude Juncker. M. Tusk devait d'ailleurs rencontrer ce dernier lundi 1er décembre dans l'après-midi, ainsi que le président du PE, Martin Schulz, dans le courant de la semaine..
En ce qui concerne Herman Van Rompuy, son bilan a été salué par le président du PPE, Joseph Daul, lundi 1er décembre, le Belge pouvant être « fier des réalisations » apportées au projet européen, a-t-il dit. Pour Donal Tusk, le Belge a permis à l'Europe de sortir des « tempêtes » traversées, notamment la crise de la zone euro et quand il s'est agi de maintenir la Grèce dans la monnaie unique. C'est toutefois également sur le sort de la zone euro que l'ancien Premier ministre belge a essuyé des critiques en ayant été jugé trop soucieux de suivre les consignes allemandes.
Dans un dernier discours public, à Paris le 25 novembre, Herman Van Rompuy a laissé quelques mises en garde à son successeur et aux dirigeants européens. Il a parlé de « trois grandes responsabilités des hommes et femmes politiques en Europe. Parler vrai, d'abord, quant aux efforts à faire, aussi face aux populistes. Créer de l'espoir, ensuite, en mobilisant tous les leviers économiques pour la croissance - sans tabous, sans peurs, sans obsessions, sauf celle du résultat. Et veiller, enfin, à la confiance entre pays, entre institutions, entre dirigeants ». (SP)