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Bulletin Quotidien Europe N° 11208
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Organiser un dialogue avec les acteurs économiques et sociaux

Nicosie, 01/12/2014 (Agence Europe) - Les Conseils économiques et sociaux et organisations similaires de l'espace euro-méditerranéen, dont l'ensemble des pays de l'UE, représentés par le CESE, ont clôturé, jeudi 27 novembre, la session 2014 de leur « Sommet » annuel par un appel à créer partout des CES.

Un des premiers enseignements à en tirer est la volonté de plus en plus nette de l'UE et de ses institutions de travailler directement avec les sociétés civiles méditerranéennes et arabes et, en corollaire, de déterminer qui représentera ces sociétés civiles. Les CES se proposent en « cadre naturel » d'expression et d'action, mais ils doivent encore convaincre les institutions, l'UE et, accessoirement, l'UpM (Union pour la Méditerranée) de la validité de ce choix. Les États des pays du Sud demeurent, eux, globalement réservés et leurs points de vue varient de l'opposition ferme (dans le cas de l'Égypte, en particulier) au désir d'un certain discernement dans le choix des acteurs de la société civile et la crainte d'infiltrations douteuses.

Une déclaration finale a été publiée au terme des deux journées de réunion. La recommandation y est faite aux « nouveaux dirigeants de l'Europe de renforcer les relations avec les voisins méridionaux et d'associer les organisations de société civile en tant qu'interlocuteurs indispensables ». L'essentiel est qu'y est soulignée « l'importance du rôle que devraient jouer dans les processus de décision politique les organisations et conseils économiques et sociaux ainsi que la société civile organisée en général ». Le financement de la société civile pour ses projets et le renforcement de ses capacités sont de la « responsabilité essentielle des autorités politiques européennes et méditerranéennes », est-il affirmé.

Les CES eux-mêmes sont appelés à se multiplier dans chaque pays et à se fédérer au sein d'une association représentative de la région, en suivant l'exemple de l'ARLEM, l'Assemblée des autorités régionales et d'autorités locales euro-méditerranéennes, devenue quasiment un acteur institutionnel accolé à l'UpM (Union pour la Méditerranée). Le choix entre une alliance régionale de CES ou celui de créer un CES unique euro-méditerranéen ne semble pas faire l'unanimité. Il reste sujet à débat.

Le débat porte aussi sur la qualité et la nature du lien à établir avec le secrétariat général de l'UpM avec lequel des tentatives de rapprochement ont été amorcées sans être, à ce stade, encore payantes. Les CES de la région laissent l'impression dans leurs commentaires non officiels d'être déçus de n'avoir pas été assez associés par Barcelone à diverses opérations menées en direction de la société civile. Officiellement, les pourparlers se poursuivent pour fixer une relation cohérente et équilibrée entre les CES et l'UpM.

La déclaration fixe par ailleurs une somme de souhaits émis en direction de tous les États membres, dont ceux de l'UE, concernant la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale des « deux côtés de la Méditerranée ». Autre souhait qui a fait l'objet de débats nourris: l'économie sociale et solidaire et l'entrepreneuriat social, considérés comme un des « vecteurs de croissance » partout dans l'espace euro-méditerranéen. L'emploi des jeunes et leur formation figurent également parmi les priorités soulignées au cours de la rencontre. Les CES se disent « conscients que la crise financière mondiale, l'absence de perspectives d'emploi et le caractère inachevé des processus politiques et sociaux dans certains pays conduisent à un sentiment grandissant de frustration parmi les jeunes dont le désespoir se traduit notamment en fournissant de la chair humaine aux passeurs des flux clandestins de migrants ». Les CES « invitent à s'engager entièrement pour doter de contenu les nouveaux partenariats en faveur de la mobilité que propose l'UE ».

Autre priorité soulignée dans la déclaration: le sort des femmes qui induirait la « nécessité de promouvoir et encourager (leur) participation à la vie économique » et un « accès plus facile aux nouvelles technologies ». La situation des femmes dans les zones de conflit est un sujet de préoccupation souligné, comme aussi celui d'assurer un soutien plus déterminé aux pays tels que la Jordanie et le Liban qui sont submergés par un flot de réfugiés en provenance de Syrie. (FB)

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