Bruxelles, 01/12/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne refusait toujours, lundi 1er décembre, de se prononcer sur une potentielle date de retour à Athènes de la 'troïka', où elle siège avec la BCE et le FMI, pour tenter de boucler la dernière mission de suivi du programme de l'eurozone avant la réunion de l'Eurogroupe, le 8 décembre.
L'Eurogroupe abordera le dossier grec, selon la Commission, qui a répété une fois de plus que l'objectif était de mettre un point final à la mission de suivi de la 'troïka'. Du côté de l'Eurogroupe, on n'osait pas, lundi, s'avancer sur la substance des discussions qui se tiendront entre les ministres de l'eurozone sur la Grèce. Vendredi, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a insisté sur l'importance de rapprocher « complètement » les points de vue avec pour objectif « que les décisions nécessaires soient prises le plus tôt possible ».
Qu'il s'agisse des modalités de la ligne de crédit préventive 'ECCL' qui accompagnera la sortie du programme ou d'une extension dudit programme, des procédures nationales seront nécessaires dans les deux cas. Or, les parlements nationaux entrent en session hivernale à la mi-décembre. S'il devait s'agir d'une extension de programme, cette session pourrait être plutôt longue, explique-t-on encore du côté de l'Eurogroupe.
Avec le risque d'élections anticipées en mars s'il ne réunit pas les voix nécessaires à l'élection du président, le gouvernement grec ne parlait pourtant que de quelques semaines d'extension, si nécessaire. Et pour prévenir ce risque, les autorités grecques ont envoyé pendant le week-end une série de propositions à la 'troïka'. Du côté de la 'troïka', on indique qu'il est trop tôt pour dire si les propositions grecques seront suffisantes pour faire revenir le trio institutionnel à Athènes.
En parallèle, alors que l'eurozone semble peu encline à réduire à nouveau le niveau de la dette grecque, le gouverneur de la banque centrale grecque et ancien ministre des Finances, Yannis Stournaras, a appelé pendant le week-end les partenaires de la Grèce à tenir cet engagement, estimant, à contrario de certaines sources de l'Eurogroupe, qu'une telle réduction du fardeau sera nécessaire pour plusieurs raisons: « Premièrement, car la viabilité des niveaux actuels de la dette publique dépend d'un excédent primaire très élevé (4,5% du PIB) dès 2016. Deuxièmement, car l'allègement du fardeau de la dette grecque, selon les discussions à l'Eurogroupe, était aussi vu comme une récompense pour la Grèce après un long ajustement budgétaire », a dit M. Stournaras dans une interview à Kathimerini. (EL)