Bruxelles, 28/11/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a constaté qu'en moyenne la consolidation budgétaire serait neutre en 2014 et en 2015 dans l'Eurozone, vendredi 28 novembre, à la lumière des projets de budget 2015 des 18 pays de la zone hors Grèce et Chypre (voir autre nouvelle).
Nous nous attendons à ce que, selon des données agrégées, la politique d'assainissement des finances publiques soit « globalement neutre », a déclaré le commissaire chargé de l'Euro et du Dialogue social, Valdis Dombrovskis, même si les divergences demeurent au niveau national. Selon la Commission, un juste milieu semble avoir été trouvé entre la nécessité d'assurer la viabilité budgétaire, compte tenu du niveau élevé et croissant des ratios d'endettement public, et le besoin d'asseoir la reprise économique.
D'après les plans budgétaires soumis par les seize pays de la zone euro, le déficit budgétaire agrégé de la zone euro devrait poursuivre sa décrue pour atteindre 2,6% du PIB moyen en 2014 et 2,2% en 2015. Le nombre de pays faisant encore l'objet d'une procédure de déficit excessif au titre du Pacte de stabilité et de croissance a été réduit à 6 dans la zone euro (Espagne, France, Irlande, Malte, Portugal, Slovénie) et à 5 hors zone euro (Croatie, Pologne, Royaume-Uni), plus la Grèce et Chypre, contre 24 dans l'UE en 2011.
En matière d'endettement public, le ratio agrégé au niveau de la zone euro devrait rester stable en 2015 par rapport à 2014, à environ 92,5% du PIB.
Lancement du 'Semestre européen' 2015. Le même jour, la Commission a adopté son Examen de la croissance, qui marque le début du processus budgétaire 'Semestre européen' pour 2015. Sans surprise, elle réitère l'importance de mener des politiques socio-économiques reposant sur le triptyque suivant: - un coup de fouet, sans créer de nouvel endettement, aux investissements dans des domaines clés (infrastructures, éducation, recherche et innovation) ; - un engagement renouvelé en faveur des réformes structurelles (réforme du marché du travail et des retraites, flexibilité accrue des marchés des produits et de services, réforme des administrations publiques), et ; - la poursuite de la responsabilité budgétaire.
L'ordre de ces trois éléments a été inversé par rapport aux exercices précédents, signe des nouvelles priorités affichées quelques jours après la présentation du plan d'investissement censé financer plus de 300 milliards d'euros de nouveaux investissements sur 3 ans (EUROPE 11205).
« L'UE a surmonté le pic de la crise, mais la reprise est toujours fragile », a déclaré M. Dombrovskis. Même si tous les États membres devraient renouer avec la croissance, celle-ci reste « faible » et la conjoncture est marquée par une très faible inflation - 0,3% en novembre selon Eurostat - et un chômage moyen « toujours élevé », à 11,5% de la population active. Il a souligné l'importance de poursuivre les réformes structurelles. « Les États membres qui ont eu le courage de réformer leur marché du travail ont démontré que les réformes portent réellement leurs fruits. D'autres États membres devraient s'en inspirer », a déclaré la commissaire à l'Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen.
Selon le rapport conjoint sur l'emploi, publié le même jour par la Commission, le chômage diminue lentement, mais reste à des niveaux élevés dans l'UE-28 (24,6 millions de chômeurs en septembre 2014, soit un taux de 10,1 %). L'évolution du chômage dans l'UE varie encore fortement, mais les écarts ont cessé de se creuser. Le chômage de longue durée continue de progresser: il est passé de 3,9% à 5,1% dans l'UE28 entre 2010 et 2013. Le chômage des jeunes reste très élevé (21,6% dans l'UE-28 en septembre), mais montre des signes d'amélioration, tandis que la proportion de jeunes de 15 à 24 ans qui ne travaillent pas et ne suivent pas d'études ou de formation demeure forte. (MB)