Bruxelles, 05/11/2014 (Agence Europe) - Le potentiel d'introduction et de transmission du virus Ebola dans l'UE par le biais de la viande de brousse illégalement importée depuis l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest est faible, mais l'introduction potentielle de ce virus par ce biais pourrait avoir de « graves conséquences pour la santé publique », a affirmé l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dans un avis scientifique publié mardi 4 novembre.
Le virus Ebola ayant été retrouvé dans de la viande de brousse, c'est-à-dire de la viande provenant d'animaux sauvages indigènes des forêts africaines, notamment des roussettes, des gorilles, des chimpanzés et des céphalophes (antilopes), l'EFSA avait été invitée par la Commission européenne à se prononcer sur le risque de transmission du virus si des contrevenants venaient à contourner l'interdiction frappant toute importation de viande de brousse dans l'UE. À ce jour, il n'y a eu aucun cas signalé d'infection par le virus Ebola suite à la manipulation, la préparation ou la consommation de viande de brousse illégalement importée dans l'UE. Les scientifiques de l'EFSA concluent que le risque de transmission est faible car la viande de brousse n'est ni chassée ni découpée en Europe et qu'elle est peu consommée dans l'UE. En outre, bien que la viande de brousse soit couramment consommée en Afrique, le nombre de foyers épidémiques signalés sur place est relativement bas.
L'EFSA avertit toutefois que même si le potentiel d'introduction et de transmission est faible, les conséquences d'une éventuelle introduction du virus seraient graves pour la santé publique étant donné le niveau de mortalité élevé qu'il entraîne et la facilité de sa transmission entre êtres humains. La prévention de toute importation illégale de viande de brousse est la mesure la plus efficace pour prévenir la transmission d'Ebola en Europe via la viande de brousse, soulignent les experts scientifiques.
Dans leur évaluation des risques, les experts de l'EFSA ont été confrontés à de nombreuses lacunes de connaissances. Ils ne disposent, par exemple, d'aucune information sur les niveaux de consommation dans l'UE ni sur la façon dont la viande de brousse illégalement importée est manipulée, préparée et consommée en Europe. De même, ils ignorent combien de temps le virus peut survivre dans la viande ou les produits animaux dérivés. En dépit de ces incertitudes, les scientifiques de l'EFSA estiment que la probabilité qu'un virus viable survive à un transport vers l'Europe serait plus élevée dans de la viande fraîche ou congelée soumise à une durée de transport courte et serait inférieure pour de la viande séchée ou fumée exposée à des températures élevées pendant le transport. Ils précisent également qu'une cuisson complète de la viande (à 100 degrés Celsius) permet d'éliminer le virus. Dans un second avis scientifique, l'EFSA évaluera les risques associés à des espèces animales susceptibles d'être porteuses du virus et les facteurs qui influent sur le risque de transmission de la maladie à l'homme. (AN)