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Bulletin Quotidien Europe N° 11179
Sommaire Publication complète Par article 16 / 31
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transports

Ebola, le patron de Brussels Airlines garde la tête froide

Istanbul, 17/10/2014 (Agence Europe) - Brussels Airlines est la seule compagnie européenne à voler vers les pays touchés par l'épidémie d'Ebola (Air France vole encore vers Conakry). S'étant récemment rendu en Guinée, le PDG du transporteur belge, Bernard Gustin, a fait le point sur la situation avec ses homologues lors d'un sommet à Istanbul organisé par l'Association européenne des compagnies aériennes (AEA), vendredi 17 octobre. Il livre à EUROPE son analyse et ses recommandations aux dirigeants européens, qui cherchent à coordonner la vigilance sanitaire (EUROPE 11178). (Interview de Marie-Pauline Desset)

Agence Europe: Brussels Airlines maintient ses vols vers l'Afrique de l'Ouest. Quels dispositifs de sécurité avez-vous mis en place ? Ceux établis par les autorités aéroportuaires au départ sont-ils suffisants ?

Bernard Gustin: Nous volons toujours vers Conakry, Monrovia et Freetown. Pour l'instant, le service de screening avec une prise de température qui est mis en place dans les aéroports de départ est correct. Le screening avant d'entrer à bord est le processus le plus important puisqu'on a affaire à un virus. Depuis août, 50 à 60 personnes se sont présentées avec de la fièvre aux trois aéroports et ne sont pas passées. Dans la majorité des cas, c'était la malaria. À bord, la tolérance zéro est de mise puisque nous avons aussi la possibilité de prendre la température. S'il y a un cas suspect, le personnel prend la température et le fait sortir (kit d'isolement prévu à bord également, avec masque et combinaison). Des gants et masques sont mis à disposition pour que le personnel se sente à l'aise pour débarrasser les gens ou prendre un ticket, par exemple. Une formation a aussi été instaurée pour le personnel pour en savoir plus sur la maladie.

Les Européens tentent d'empêcher la propagation d'Ebola sur leur sol. Que préconisez-vous ?

L'Europe doit nous aider à dédramatiser et à promouvoir des mesures communes à tous, puisque nous continuons à voler sur le reste de l'Europe. Donc, s'il y a un formulaire à remplir pour aller, par exemple, à Malte, il faudrait que ce soit le même formulaire pour toute l'Europe. S'il y a des prises de température à l'arrivée d'un aéroport, il faudrait que cette action soit coordonnée. Essayons d'éviter la surenchère et de ne pas avoir des processus différents d'un aéroport à l'autre. Enfin, une autre dimension très importante: les pays africains ont des difficultés, ils se battent comme ils peuvent et ne vont pas y arriver seuls. Là, l'Europe, comme les États-Unis et les Nations Unies, a un vrai rôle à jouer pour résoudre le problème.

Cesser les vols vers les pays où sévit l'épidémie est-elle une option que vous considérez ?

Si le profil de risque devait se détériorer de manière objective, nous n'hésiterions pas une seconde à arrêter les lignes. La 1ère priorité est la sécurité de nos passagers et de notre personnel. Si, demain, une personne développe les symptômes à l'aéroport, passe les mailles du filet et se retrouve à bord, cela veut dire que le système n'est pas imperméable et remet tout en cause. Il faut aussi juger s'il est nécessaire d'adapter la capacité à la demande, sans abandonner ces pays. Cela suppose de discuter avec les autorités belges et européennes car, si économiquement cela n'a plus de sens de continuer à voler, nous savons que, d'un point de vue humanitaire, cela en a.

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