Bruxelles, 07/10/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, accueille, mercredi 8 octobre à Milan, un sommet européen consacré à l'emploi et à la situation économique en Europe.
L'objectif de cette réunion extraordinaire, à laquelle répondront présents une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, mais pas le Britannique David Cameron, consiste à maintenir l'élan créé en 2013 pour réorienter une partie des politiques et des instruments financiers européens sur la lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes, qui dépasse en moyenne 21% dans l'UE. « S'il n'y avait pas eu les réunions précédentes de Berlin et de Paris, nous nous serions enlisés », a estimé un diplomate, en référence aux précédents sommets sur l'emploi ayant eu lieu en 2013.
Mercredi matin, lors de réunions techniques et d'une réunion des ministres européens chargés de l'Emploi, les pays directement concernés par la 'Garantie Jeunes' financée à hauteur de 6 milliards d'euros pour 2014 et 2015 dresseront un état des lieux de l'élaboration des programmes opérationnels dans leurs régions qui bénéficieront d'un soutien financier européen. Ils pointeront notamment du doigt le problème lié à l'avance des fonds européens qui, calquée sur la gestion classique des fonds structurels européens, est plafonnée à 1% et contraint les États membres à anticiper des fonds dans un contexte de disette budgétaire.
« Au moment où nous envisageons de nouveaux moyens pour promouvoir l'investissement, notre 1ère priorité doit aller à l'utilisation de l'argent déjà engagé pour fournir des emplois de qualité, de la formation, de l'apprentissage, de l'assistance à la recherche d'emploi, essentiellement à destination des jeunes. (…) Pour que cela se produise, les États membres doivent honorer leurs engagements vis-à-vis du budget européen », a souligné le président sortant de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, mardi 7 octobre.
L'après-midi, la conférence à laquelle participeront les leaders européens planchera sur les moyens de pérenniser la lutte active contre le chômage des jeunes au niveau de l'UE. Pour la France, la 'Garantie Jeunes' devrait bénéficier d'un soutien européen avoisinant 20 milliards d'euros. Elle considère que la BEI devrait être plus ambitieuse et être incitée à financer des programmes permettant aux jeunes de s'insérer sur le marché du travail ou de créer leur propre entreprise. Surtout, Paris souhaite qu'une partie du futur plan d'investissement de 300 milliards d'euros promis par le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, contribue en partie à cet objectif.
Situation économique. Évoqué la première fois fin août (EUROPE 11144), ce sommet vise à ouvrir une séquence voulue par les gouvernements socialistes italien et français désireux que l'UE reconnaisse le caractère exceptionnel de la conjoncture actuelle marquée par une croissance atone et une trop faible inflation persistante. Cette séquence se poursuivra lors des sommets de l'UE et de l'Eurozone des 23 et 24 octobre, destinés à fixer des orientations pour la Commission 'Juncker' pour l'élaboration de son plan d'investissement dans les trois mois suivant son investiture. Une manière aussi pour les États membres de peser sur l'interprétation que la Commission fera des projets de budget nationaux pour 2015. (MB/JK)