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Bulletin Quotidien Europe N° 11171
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) numÉrique

Examen réussi pour l'Estonien Andrus Ansip

Bruxelles, 07/10/2014 (Agence Europe) - Le candidat au poste de vice-président de la Commission européenne chargé du Marché numérique unique, Andrus Ansip, s'est livré à une audition convaincante, lundi 6 octobre dans la soirée, devant les députés du Parlement européen. Visiblement très au fait de ses dossiers, celui qui fut pendant plusieurs années le Premier ministre de l'Estonie a répondu de façon circonstanciée aux questions posées par les députés sur les différents aspects de son portefeuille, après un exposé très clair et complet de ses priorités. Avec les commissaires dont il supervisera le travail, M. Ansip veillera « à ce que l'on pense numérique dans toutes les propositions. J'espère forger un avenir numérique brillant en Europe », a-t-il déclaré. Examen réussi pour l'Estonien dont la candidature a été unanimement acceptée le lendemain, mardi 7 octobre, par les commissions qui l'auditionnaient (commission IMCO, LIBE et ITRE).

Pour le commissaire-candidat, les bases de l'économie numérique doivent être fondées sur les besoins et les droits des consommateurs avec une grande attention à la sécurité des données, puisque la confiance des citoyens est essentielle à son fonctionnement. Ces éléments « sont la pierre angulaire de toute économie numérique (…) Il faut les mêmes libertés et protections en et hors ligne », a indiqué M. Ansip, en précisant qu'il se focalisera tout particulièrement sur la finalisation des règles sur la protection des données au cours des six prochains mois, avec le soutien de la commissaire-candidate à la Justice, aux Consommateurs et à l'Égalité des genres, Vera Jourova. « Je ferai de mon mieux pour trouver une bonne solution pour les citoyens », a déclaré M. Ansip, en insistant sur la confiance des citoyens dans l'environnement numérique. Il a détaillé ensuite les éléments essentiels au fonctionnement d'un véritable marché unique numérique:

Cybersécurité et cybercriminalité. Les États membres ne peuvent seuls répondre aux menaces de plus en plus nombreuses et graves qui affectent les réseaux numériques, a souligné M. Asip, en s'appuyant sur des statistiques: en 2012, 76% des PME et 93% des grandes entreprises ont subi une violation de leur cyber-environnement. De 2012 à 2013, les cyber-attaques ont augmenté de 48%, ce qui correspond à près de 120 000 attaques par jour dans l'UE. « Je renforcerai les capacités de l'Europe à résister », a promis M. Ansip, ajoutant que la directive NIS sur la sécurité des réseaux « doit voir le jour ».

Commerce électronique. Si le commerce électronique représentait 15% des ventes de détails, l'UE gagnerait 1,7% de croissance annuelle ; on n'en est qu'à 5%, a déclaré M. Ansip, en déplorant les obstacles qui empêchent toujours les consommateurs d'effectuer des achats en ligne hors du territoire de leur État membre en raison des différentes législations existantes et du manque de transparence des règles. Ajoutant que « des questions semblables concernent le droit d'auteur », le commissaire-candidat a souligné qu'il veillerait « à ce que les consommateurs aient accès aux contenus de manière transfrontalière ». Par ailleurs, pour une meilleure résolution des litiges en ligne, plus rapide, plus transparente et moins onéreuse, M. Ansip a annoncé son intention de créer une plate-forme des litiges en ligne d'ici 2016.

Roaming - 4G. « Je veillerai à la suppression des frais de roaming pour les liaisons téléphoniques », a indiqué M. Ansip. Il a par ailleurs déploré le manque d'infrastructures dans l'UE pour la couverture 4G: dans l'UE, seuls 25% de la population totale et 4% de la population rurale ont accès à la 4G, alors que ce pourcentage atteint plus de 90% aux États-Unis. « Il faut un marché moins fragmenté pour encourager la demande et veiller à ce que le secteur privé fasse les investissements nécessaires », a commenté l'Estonien.

Emplois numériques. La demande dans l'emploi numérique augmente de 4% par an ; d'ici 2020, l'UE sera confrontée à 900 000 emplois vacants. « L'influence de l'économie numérique sur la main-d'œuvre ne peut être sous-estimée », a dit M. Ansip, en saluant les start-up européennes qui réussissent. « L'UE dispose de capacités, on a les moyens de montrer la voie », mais le marché est fragmenté et cela pèse sur la compétitivité, a-t-il ajouté

E-government. M. Ansip souhaite parvenir à des administrations publiques qui fonctionnent « sans papier », afin de réduire les coûts, faciliter la vie des citoyens et ajouter de la transparence. Selon lui, la Commission européenne doit montrer la voie en acceptant les appels d'offres et les factures électroniques d'ici 2015. De même, les signatures électroniques devraient entrer en vigueur d'ici la fin de ce mandat, a-t-il ajouté.

La protection des données a suscité un vif intérêt parmi les députés, notamment chez Marie-Christine Vergiat (GUE, française). La protection des données est absolue, c'est LA priorité, a dit M. Ansip, en soulignant combien ce principe était essentiel dans le secteur de l'e-santé, par exemple. Revenant sur l'accord Safe Harbor conclu avec les États-Unis, M. Ansip considère que celui-ci n'est plus sûr. « Si le gouvernement américain ne fait pas une déclaration claire, nous devrons considérer sa suspension », a-t-il menacé. En matière de neutralité du net (« Quelle est votre définition ? », a demandé Julia Reda (Verts/ALE, allemande). M. Ansip a répondu que cette neutralité « est essentielle (…) le trafic Internet doit être régi de la même façon et personne ne peut abuser de sa position dominante » en ajoutant être favorable à inscrire la neutralité du net « dans la législation ». (IL)

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