Bruxelles, 07/10/2014 (Agence Europe) - C'est avec une certaine émotion que Dacian Ciolos a participé, lundi 6 octobre, à sa dernière réunion avec les membres de la commission agriculture du Parlement européen, où il a défendu son bilan, malgré des critiques sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), les problèmes dans le secteur du lait ou encore les mesures prises pour atténuer les effets de l'embargo russe sur les importations de produits agricoles de l'UE.
Sur son avenir après son mandat de cinq ans comme commissaire à l'Agriculture, M. Ciolos a juste dit qu'il souhaite rester proche du secteur agricole. Il a dit aussi à propos de son successeur, Phil Hogan, qu'il avait l'impression que ce dernier viendra avec de « bonnes idées » pour l'agriculture. Dans son discours introductif, M. Ciolos a passé en revue les principaux éléments de la réforme de la PAC (verdissement, nouveau système de paiements directs, filet de sécurité pour les marchés, réserve de crise, davantage de complémentarité entre premier et second pilier de la PAC…). Il a reconnu que la Commission devra agir dans les cinq prochaines années dans un contexte budgétaire « plus difficile ».
Réforme PAC. Albert Dess (PPE, allemand) a critiqué les résultats de la réforme, notamment la charge administrative qui pèse sur les agriculteurs. M. Ciolos a répondu que cette réforme était le résultat du travail des trois institutions impliquées. « Il faut accepter le résultat de la démocratie », a lancé M. Ciolos. Il a reconnu qu'il y aura des choses à améliorer dans la mise en œuvre de certains éléments du verdissement, car « c'est une nouveauté pour tous. Mais il ne faut pas détruire l'idée du verdissement à cause des adaptations qui seront nécessaires ». Lidia Senra Rodriguez (GUE/NGL, espagnole) a reproché au commissaire de n'avoir pas respecté ses engagements de protéger les PME, car la crise du lait persiste, selon elle.
Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a estimé qu'avec le verdissement de la PAC était sur la bonne voie. Il espère que la nouvelle Commission « ne va pas détricoter tout cela ». En réponse à une question d'Ulrike Müller (ADLE, allemande), M. Ciolos a dit: « montrez-moi une réforme de la PAC qui a mieux pris en compte l'existence et la réalité des petits agriculteurs dans l'UE ». Il y aura moins de charges administratives pour les petits agriculteurs, a défendu M. Ciolos. En répondant à Michel Dantin (PPE, français) sur ce qu'il retenait après ses voyages, M. Ciolos a dit qu'il avait « davantage la conviction que le secteur agroalimentaire et l'agriculture de l'UE sont performants. Nous avons beaucoup de choses à mettre en valeur au niveau international ». L'UE est le 1er exportateur de produits agroalimentaires au monde, a-t-il rappelé.
Embargo russe. De nombreux eurodéputés ont évoqué ce dossier, certains (des Polonais) reprochant au commissaire de n'avoir pas anticipé les problèmes et de n'avoir versé aucune compensation aux agriculteurs. Selon M. Ciolos, la Commission a réagi rapidement. On ne pourra pas rembourser toutes les demandes polonaises car la Commission ne peut pas tout contrôler sur le terrain. « On a besoin de l'action honnête des pays. Tout l'argent mobilisé ne sera pas utilisé complètement car il y a eu des demandes de retrait du marché qui n'étaient pas correctement faites. Mais ce n'est pas de la faute de la Commission ». Sur la rétroactivité, il a précisé que les mesures (fruits et légumes) s'appliquaient depuis le 18 août, soit dix jours après l'interdiction russe. (LC)