Bruxelles, 07/10/2014 (Agence Europe) - Le commissaire-candidat à la Stabilité financière, aux Services financiers et à l'Union des marchés de capitaux, Jonathan Hill, a fait preuve d'une meilleure connaissance des dossiers directement liés au portefeuille qui lui a été attribué, mardi 7 octobre, lors d'un 2ème examen de passage devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
Se décrivant comme un Européen convaincu désireux que le Royaume-Uni reste membre de l'UE, malgré son appartenance à un parti politique hostile à l'idée d'Europe politique, il n'a apporté que des réponses évasives sur son passé de lobbyiste. « Ce n'est pas par manque de respect que je n'ai pas fait toute la lumière sur mes activités antérieures dans le privé mais parce que beaucoup d'années ont passé et certaines entreprises concernées ont changé de main », a considéré M. Hill, se défendant d'être un homme de réseau.
Les eurodéputés l'ont interrogé sur la base des réponses aux 23 questions additionnelles que la commission parlementaire lui avait transmises à la suite de son audition (EUROPE 11170 et 11067). À Othmar Karas (PPE, autrichien) qui l'interrogeait sur ses trois priorités principales, J. Hill a évoqué la stabilité du système financier à travers notamment l'« achèvement de l'union bancaire », la concrétisation de l'« union des marchés de capitaux » ainsi que l'accès des petites et moyennes entreprises aux capitaux.
Pablo Zalba Bidegain (PPE, espagnol) a demandé à M. Hill de préciser sa vision de l'Union des marchés de capitaux. Selon M. Hill, ce projet « excitant » consistera à mettre en place un corpus de règles uniformes favorisant un degré élevé de protection pour les investisseurs, attirant l'investissement du monde entier et encourageant le flux de capital dans les segments de marché qui en ont le plus besoin.
Un des premiers projets auxquels s'attellera M. Hill consistera à revitaliser le marché de la titrisation en le basant sur les principes de simplicité et de transparence afin d'empêcher le retour des produits 'subprimes', qui ont été à l'origine de la crise financière de 2008. Il faut que les investisseurs comprennent ce qu'ils achètent, qu'ils aient accès à suffisamment d'informations pour opérer un choix éclairé et que les acteurs financiers émettant des produits titrisés conservent une partie des risques afin de les inciter à émettre des produits de bonne qualité, a-t-il répondu à une question de Pervenche Berès (S&D, française).
Union bancaire. Elisa Ferreira (S&D, portugaise) a de nouveau demandé à M. Hill s'il était prêt à faire une proposition concrète pour instaurer un régime unique de garantie des dépôts. Le commissaire-candidat ne s'y est pas plus engagé mardi que lors de sa 1ère audition. Néanmoins, à la lumière de la mise en œuvre de la directive révisée 'garantie des dépôts', le conservateur britannique s'est dit prêt à considérer une voie alternative à l'harmonisation, si les conditions politiques le permettent d'ici à 2019. Après tout, un régime unique pour les garanties des dépôts constitue une « suite logique » à la mise en place de l'union bancaire, a considéré M. Hill.
Afin de préserver la stabilité financière, le Britannique s'est engagé à présenter, dès 2015, une proposition législative visant à encadrer la résolution des acteurs non bancaires.
Quant à la dimension extérieure de son portefeuille, M. Hill s'est engagé à défendre les règles de l'UE en promouvant la reconnaissance des règles avec d'autres juridictions comme les États-Unis. (MB)