Bruxelles, 19/09/2014 (Agence Europe) - La présidente du Conseil des villes et régions d'Europe, Annemarie Jorritsma, a confié à EUROPE ses principales préoccupations en matière de politique de cohésion, ainsi rapportées à MM. Hahn et Barroso, lors de leur rencontre (voir autre nouvelle). Le respect du principe de gouvernance et l'agenda urbain méritent plus d'attention, selon elle (propos recueillis par MD).
Agence Europe: Estimez-vous que le principe de multi-gouvernance, acquis lors de la réforme de la politique de cohésion, est bien respecté pour élaborer les accords de partenariat ?
Annemarie Jorritsma: Nous avons réalisé une enquête sur l'implication des autorités régionales et locales dans la préparation des accords de partenariat, dans laquelle on voit une attitude différente des gouvernements nationaux pour les impliquer. Cela va de l'implication dès le début du processus en tant que partenaire principal, avec la co-signature du partenariat au Danemark, jusqu'à l'implication en tant que parties prenantes qui ne peut donner qu'une contribution à la dernière version provisoire du texte, comme en Belgique. Je pense que la Commission peut vraiment jouer un rôle dans la mise en oeuvre de la multi-gouvernance: vérifiez s'il vous plaît que cela soit fait correctement, il y a une marge d'amélioration dans bien des États. Cela devrait être une bonne discussion pour la prochaine commissaire avec les représentants nationaux. J'en ai aussi fait part à MM. Barroso et Hahn.
Craignez-vous que les programmes financés par les fonds structurels soient mis en route trop tard?
Le nouveau programme de cohésion 2014-2020 a débuté en janvier de cette année, mais à cause des négociations prolongées sur le budget et le nouveau processus d'approbation de l'accord de partenariat, les programmes ne débuteront pas avant le 1er janvier 2015. Donc nous perdons encore un an, comme lors de la période de programmation précédente 2007-2013. Le commissaire Hahn nous a dit que la Commission européenne discutait déjà de la façon de s'y prendre après 2020, pour empêcher que cela ne se reproduise lors de la prochaine période. Nous prierons certainement Mme Cretu d'en faire autant.
Que recommandez-vous d'ailleurs à la future commissaire au Développement régional en termes de priorités ?
Une chose qui est urgente désormais est l'agenda urbain. Le commissaire Hahn a fait beaucoup de travail préparatoire. Nous savons tous que les villes et les régions urbaines sont aujourd'hui un moteur de croissance et d'emploi, mais que cela va de pair avec des défis tels que le changement climatique ou le chômage. C'est donc étrange que cet agenda urbain ne soit pas encore prêt. Nous regrettons fortement que M. Juncker n'ait pas inclus l'agenda urbain dans les termes de références pour Mme Cretu en tant que commissaire, et nous espérons que le Parlement européen ajoutera cette tâche importante à son portefeuille. Nous pensons vraiment que cette dimension urbaine devrait être mieux incorporée au niveau européen. Nous savons tous que sans l'assistance des zones urbaines, tous ces problèmes ne pourront pas être résolus.