Bruxelles, 19/09/2014 (Agence Europe) - Les États membres doivent modifier leur politique de gestion de la migration, que celle-ci soit intra-européenne ou en provenance de pays tiers, afin de compenser les effets du vieillissement de la population et de répondre aux besoins non comblés en terme de main-d'oeuvre qualifiée et disposant de compétences spécifiques, a conclu un rapport conjoint de la Commission européenne et de l'OCDE, qui a été publié, jeudi 18 septembre, à l'issue de trois années de recherche.
La mobilité au sein de l'UE et l'immigration de pays tiers ne permettront pas de répondre à toutes les difficultés (démographiques, économiques) auxquelles devront faire face les États membres dans les prochaines années, mais elles constituent une ressource sous-exploitée qui pourrait atténuer les effets indésirables. Ainsi, ce rapport, intitulé « Gérer les migrations économiques pour mieux répondre aux besoins du marché du travail », a évalué qu'une meilleure gestion de la migration intra-UE permettrait d'absorber jusqu'à un quart des chocs asymétriques sur le marché du travail. Il faudrait en conséquence intensifier les efforts pour réduire les obstacles à une telle migration, en favorisant notamment l'apprentissage des langues européennes.
Si les migrants européens sont souvent mieux qualifiés que les personnes peu mobiles, il n'en est pas de même des immigrés de pays tiers. Ces derniers sont surreprésentés aux deux extrémités de l'échelle des qualifications, mais avec une moyenne d'années d'étude plus faible que celle des citoyens de l'État membre d'accueil. Leurs compétences sont toutefois sous-utilisées de toute manière, ce qui a une conséquence directe sur les générations suivantes, a constaté le rapport. Celui-ci préconise: - d'améliorer la disponibilité des informations et d'accroître la reconnaissance des diplômes étrangers; - d'insérer les nouveaux migrants d'une manière spécifique et flexible dans les programmes européens actifs du marché du travail ; - de mettre les immigrés plus directement en contact avec les employeurs ; - de proposer des formations linguistiques adaptées aux compétences des immigrés dans les pays de destination ; - de revoir les outils de recrutement basés sur l'identification ex ante des pénuries de main-d'oeuvre, qui s'avèrent aujourd'hui peu pertinents.
Pour le commissaire Laszlo Andor (Emploi et Affaires sociales), il est évident que « le respect de l'égalité en matière de mobilité de la main-d'oeuvre au sein de l'UE, l'amélioration de la formation pour combler les déficits de qualifications, la garantie de conditions de travail décentes aux travailleurs et la meilleure intégration de travailleurs issus de pays tiers peuvent contribuer à remédier au vieillissement de la population et aux futures pénuries de compétences sur le marché du travail européen », a-t-il dit sous forme de commentaire à la publication du rapport. S'il est vrai qu'un tel constat « peut surprendre » dans un contexte de taux de chômage élevés au sein de l'UE, une « intégration réussie des migrants et de leurs enfants et des systèmes de gestion de l'immigration de la main-d'oeuvre plus efficaces (…) sont nécessaires tant pour renforcer la cohésion sociale que pour accroître la compétitivité de l'Europe », a affirmé le directeur de la direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales de l'OCDE, Stefano Scarpetta. (JK)