login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11159
Sommaire Publication complète Par article 21 / 36
INSTITUTIONNEL / (ae) Écosse

L'UE reprend son souffle après la victoire du 'non' à l'indépendance

Bruxelles, 19/09/2014 (Agence Europe) - Les inquiétudes des Écossais face à l'indépendance l'ont emporté lors du référendum du 18 septembre. Le scrutin historique s'est soldé par 55% de 'non' à la sortie du Royaume-Uni et 45% de 'oui' à la formation d'un État indépendant. Mais l'Écosse est résolument divisée. Le résultat du vote ne représente cependant pas une défaite totale pour les indépendantistes, assurés d'obtenir ultérieurement plus de pouvoir de Londres. Surtout, il enlève une belle épine du pied aux dirigeants européens.

Un pas vers la dévolution. Le scrutin est avant tout un bel hommage à la démocratie, alors que 85% des 4,2 millions d'Écossais se sont rendus aux urnes. Le Premier ministre écossais, Alex Salmond, le leader de la campagne indépendantiste (qui a annoncé sa démission), a reconnu l'échec et a appelé tous les Écossais à accepter la décision du peuple. Sa bataille n'a pas été vaine pour autant, puisque Londres devrait transférer plus de pouvoir fiscal, budgétaire et social à Édimbourg. M. Salmond a donc enjoint David Cameron à respecter sa promesse en ce sens. Dans sa réaction à l'annonce des résultats, le Premier ministre britannique s'y est engagé d'ici le mois de janvier. Cette « dévolution » devrait concerner aussi l'Angleterre, le Pays de Galle et l'Irlande, tirant profit in fine du coude à coude écossais pour l'autodétermination. M. Cameron s'est félicité que les Écossais aient choisi de conserver le Royaume-Uni, notant un résultat « sans équivoque », à même de tourner « durablement » la page d'un possible éclatement du pays. La réforme constitutionnelle qui s'annonce lui offrira toutefois un autre visage.

L'UE soulagée. Après avoir gardé une neutralité apparente à propos de la remise en question de l'intégrité territoriale d'un État membre tout au long de la campagne, l'UE a fait part de son soulagement une fois le verdict tombé. Le président du Conseil européen a salué la décision que le Royaume-Uni, « membre important de l'UE », reste bien uni. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a estimé qu'il s'agissait d'une décision sage, « à un moment où rester ensemble s'est montré utile pour relever les défis ». Il a en outre salué le fait que le vote ait eu lieu dans un cadre démocratique. La Commission européenne a fait preuve de moins de réserves, faisant clairement part de sa préférence en faveur du maintien de l'Écosse au sein du Royaume-Uni. Le président José-Manuel Barroso a estimé que le résultat du référendum était « bon pour l'Europe unie, ouverte et plus forte que la Commission européenne représente ». Il s'est également félicité de l'engagement européen témoigné par la population écossaise et son gouvernement. Des propos qui ne sont sans doute pas uniquement adressés à l'intention d'Edimbourg mais aussi de Londres, alors qu'un référendum sur le « Brexit », la sortie du Royaume-Uni de l'UE, se profile dans trois ans. Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht (belge et donc sensible à la question indépendantiste), a été encore plus ferme en commentant, sur la radio VRT, que l'indépendance de l'Écosse aurait été « cataclysmique » pour l'Europe, comparant le cas de figure à la chute de l'Union soviétique.

Le fossé se creuse en Espagne. Les résultats du référendum étaient aussi très attendus en Espagne et plus particulièrement en Catalogne, alors que la région autonome compte bien organiser son propre référendum sur l'autodétermination le 9 novembre prochain. Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, farouchement opposé à cette idée, a donc salué la décision des Écossais, estimant que « la séparation du Royaume-Uni et de l'Europe » évitait « de graves conséquences économiques, sociales, institutionnelles et politiques ». Le leader indépendantiste catalan, Artur Mas, président de la région, a estimé que la victoire du 'non' en Écosse n'était pas un « recul », car l'important était de pouvoir voter avant tout. En effet, la situation est tout autre en Espagne alors que Madrid a l'intention de voir invalider la loi régionale convoquant le référendum par la Cour constitutionnelle espagnole. (MD)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
CALENDRIER