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Bulletin Quotidien Europe N° 11158
INSTITUTIONNEL / (ae) Écosse

Le référendum écossais tient Londres et Bruxelles en haleine

Bruxelles, 18/09/2014 (Agence Europe) - C'est à la question 'est-ce que l'Écosse devrait être un pays indépendant' que sont amenés à répondre 4,2 millions d'Écossais, jeudi 18 septembre, soit 97% de l'électorat, un record de participation. En faisant pencher la balance vers le oui ou vers le non, c'est leur destin que scelleront les Écossais, mais aussi celui du Royaume-Uni et potentiellement de l'Union européenne.

Depuis sept heures du matin, les quelque 5 000 bureaux de vote ouverts pour ce scrutin historique ont commencé à accueillir les votants, après une campagne haletante lancée par les partisans de l'indépendance, puis sur le tard par les unionistes. Les bureaux de votes ont fermé tard dans la soirée du 18 septembre (22h, heure locale). Les résultats du référendum ne seront connus, par localité, qu'aux petites heures de vendredi 19 septembre (entre 3 et 6 heures du matin), et la déclaration finale officielle des résultats devrait être prononcée entre 6h30 et 7h30.

Lors des dernières semaines, le 'oui' avait bien rattrapé, voire devancé, le 'non' dans les intentions de vote. Mais les derniers sondages plaçaient à nouveau le 'non' en tête, à 52% contre 48%, en milieu de journée (moyenne de sept sondages réalisés entre le 12 et le 17 septembre publiés par le think thank non partisan What Scotland Think). La seule certitude est donc que le résultat restera très serré.

La victoire du 'non' ne serait pas sans conséquences pour la place de l'Écosse au sein du Royaume-Uni. Même en cas de défaite, les indépendantistes voudront rapatrier plus de pouvoir à Edimbourg en négociant un transfert de nouvelles compétences. La « dévolution » a déjà été promise à demi-mot par les autorités britanniques, soucieuses d'amadouer les Écossais en fin de campagne et de venir au secours des unionistes de la campagne 'Better together' portée par Alistair Darling.

Dans l'éventualité où le 'oui' remporte le référendum, les nationalistes du Scottish National Party au pouvoir et emmenés par Alex Salmond ont promis de déclarer l'Écosse en tant qu'État indépendant un an et demi plus tard, en mars 2016. Un laps de temps qui devrait être consacré à la négociation d'une série de questions politiques, monétaires, diplomatiques, entre autres, pour repenser la relation d'Edimbourg avec Londres mais aussi l'Union européenne. Les indépendantistes ont toujours fait savoir qu'ils souhaitaient rester dans le giron européen. Voire plus probablement le « réintégrer », car une Écosse indépendante deviendrait a priori un État tiers à l'UE, selon l'interprétation des traités faite par les institutions européennes à ce jour. Un état de fait qui cause la perplexité des observateurs, puisqu'aucune législation européenne ne prévoit un tel cas de « réadhésion ». Il ne fait aucun doute que la victoire du 'oui' braquera donc aussi les feux sur les institutions européennes. La Commission européenne n'est jamais sortie de sa réserve à propos d'un processus jugé intense, et s'est défendue jusqu'à la dernière minute de se préparer à l'éventualité d'une Écosse indépendante, tant que les résultats n'étaient pas connus.

Cette mise aux voix fait aussi figure de répétition générale pour un autre référendum indépendantiste prévu cet automne par la région autonome de Catalogne en Espagne. Les Catalans ont donc les yeux rivés sur le processus démocratique en cours en Écosse, à la différence que celui-ci a reçu le blanc seing de Londres, alors que Madrid n'est pas prête à autoriser la tenue de ce référendum (voir autre nouvelle). Le leader indépendantiste catalan, Artur Mas, a promis de commenter le résultat écossais. (MD)

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