Bruxelles, 16/09/2014 (Agence Europe) - Les eurodéputés ont critiqué la position du Conseil de l'UE sur le projet de budget de l'UE pour 2015, lors d'un débat en plénière mardi 16 septembre. Ils ont protesté contre les réductions de crédits de paiement décidées par les États membres, alors que l'UE manque de fonds pour payer les factures.
Enrico Zanetti, le secrétaire d'État italien aux Affaires économiques, a présenté la position du Conseil sur le projet de budget de l'UE pour 2015 (EUROPE 11147) prévoyant un total de 140,00 milliards d'euros en paiements (+3,3 % comparé à 2014) et 145,08 milliards d'euros en engagements (+1,7 %). Par rapport aux montants proposés par la Commission, le Conseil a réduit les paiements de 2,1 milliards d'euros et les engagements de 522 millions d'euros. « Des économies sont nécessaires sur certaines lignes pour faire face à des circonstances imprévues », a souligné M. Zanetti. Les réductions ont été fondées sur une évaluation des programmes, a-t-il défendu.
Jacek Dominik, le commissaire européen au Budget, a rappelé que le budget 2014, s'il est adopté avec tous les amendements proposés par la Commission, restera de 4 milliards d'euros inférieur aux paiements de 2013. Et le budget de 2015, s'il est adopté tel que proposé par la Commission, restera de 2 milliards inférieur au budget pour 2013. « Nous sommes très loin du niveau de dépenses auquel nous étions habitués », a dit le commissaire. M. Dominik s'est dit déçu par les décisions du Conseil sur le projet de budget 2015. « Ce que la Commission a demandé pour 2015 ne suffira que si nous respectons nos engagements pour 2014 », a-t-il souligné. Il a invité le Conseil à accepter les budgets rectificatifs proposés pour 2014. « Compte tenu de la pénurie en crédits de paiement pour 2014, la Commission ne peut que regretter la position du Conseil sur le projet de budget 2015 », a-t-il lancé.
« Ce que fait le Conseil me laisse pantois », a déclaré le rapporteur sur le budget 2015, Mme Monika Hohlmeier (PPE, allemande). Elle ne comprend pas pourquoi le Conseil a réduit les crédits à la recherche, aux PME et à l'aide humanitaire. Le PE va devoir se serrer la ceinture, a-t-elle alerté, malgré des dépenses supplémentaires (nouveau statut).
Il faut renforcer les crédits dans certains secteurs (recherche, infrastructures, transport), a dit l'autre rapporteur, Mme Eider Gardiazabal Rubial (S&D, espagnole), alors que, selon elle, le Conseil fait le contraire. Il y a un grand décalage entre la position du Conseil et celle du PE. « Ces réductions (effectuées par le Conseil) ne sont pas viables », a-t-elle lancé.
Jean Arthuis (ADLE, français), le président de la commission des budgets du PE, a défendu un « budget de combat ». Il a plaidé en faveur d'une « flexibilité spécifique et maximale dès le budget 2015 ». Il a aussi tiré la sonnette d'alarme à propos du décalage qui se creuse entre les crédits d'engagement et les crédits de paiement. « Les restants à liquider s'envolent vers des sommets et les impayés s'accumulent », a déploré M. Arthuis. Et pourtant, les traités interdisent l'UE de s'endetter. (LC)