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Bulletin Quotidien Europe N° 11156
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) recherche

'Horizon 2020', les sciences sociales et humaines sont marginalisées

Bruxelles, 16/09/2014 (Agence Europe) - La mise à l'écart et la marginalisation des sciences humaines et sociales, et particulièrement des lettres en tant que domaine de recherche, dans le premier programme de travail (2014-2015) du nouveau programme-cadre pour la recherche et l'innovation de l'UE pour les années 2014-2020 ('Horizon 2020') constituent le principal reproche formulé par le comité scientifique des lettres de l'association européenne Science Europe, dans un rapport publié début septembre, à l'encontre des choix effectués par la Commission européenne.

Après avoir scruté de près le programme de travail d'Horizon 2020 pour les années 2014 et 2015, que la Commission a présenté en décembre 2013 (EUROPE 10983), le rapport de Science Europe (The Human Factor in the 2014-2015 Work Programme of the Horizon 2020 Societal Challenges), rédigé par un collectif de 15 professeurs d'universités et d'instituts de recherche (danois, hongrois, britannique, français, suédois, irlandais, islandais, suisse, espagnol, finlandais, belge et néerlandais), formule une critique sévère: « Nous concluons que le rôle actuel des lettres dans le programme de travail est marginal, tant du point de vue quantitatif que qualitatif ». Ce rôle y est, par ailleurs, trop souvent « simplifié », car perçu comme accessoire aux autres domaines de recherche.

L'analyse effectuée par ces chercheurs s'est concentrée sur un des trois piliers d'Horizon 2020, à savoir « les enjeux de société », qui s'est vu allouer 38,53% du budget total du programme-cadre, qui est d'environ 80 milliards d'euros. Ce pilier se compose des thèmes suivants: la santé ; l'agriculture, les activités maritimes et la bio-économie ; l'énergie ; les transports ; l'action pour le climat, l'environnement, l'utilisation rationnelle des ressources et les matières premières ; des sociétés de réflexion ; la sécurité. Sa création avait été, en son temps, saluée par ce comité. Mais, le résultat final est loin de le satisfaire. En effet, dans ce pilier, tel que le prévoit le premier programme de travail, seulement 26,7% des thèmes ouvrent clairement la voie à des contributions des sciences sociales et humaines. Les lettres, qui comprennent des disciplines comme la philosophie, l'histoire ou la linguistique, se voient encore davantage marginalisées, étant intégrées dans 10% de ces thèmes.

D'un point de vue qualitatif, le rapport émet une critique similaire. « Finalement, le programme de travail fait à peine référence aux dimensions culturelles ou historiques », car la majorité des thèmes choisis « constituent la variation d'une seule et même thématique » tournée vers les technologies et, en particulier, les technologies de l'information et de la communication (TIC). Or, omettre ces deux dimensions équivaut à ne pas permettre, selon le rapport, « de trouver des approches radicalement nouvelles à l'élaboration et l'application des processus technologiques ou sociaux (ou) de mieux comprendre les changements qu'ils apportent aux comportements des gens, aux valeurs omniprésentes, aux modes de communication et aux cultures d'action ». Ne pas prendre en compte les perspectives historiques et culturelles, c'est finalement tourner le dos à des analyses sur les pré-conditions profondes du comportement humain, alors même que l'analyse du « comportement » (human behaviour) et la manière de l'influencer sont les domaines de recherche les plus omniprésents dans le programme de travail ou, du moins, là où les sciences sociales et humaines sont encore appelées à contribuer. (JK)

 

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