Bruxelles, 16/09/2014 (Agence Europe) - Extrêmement préoccupées par le peu de cas fait de l'environnement et du développement durable dans la structure et la répartition des portefeuilles de la Commission Juncker, les grandes ONG de l'environnement comptent sur le Parlement européen pour exiger de redresser la barre et l'ont fait savoir vendredi 12 septembre.
À peine avaient-elles adressé leurs doléances au président Juncker (EUROPE 11153 et 11152) que les 10 ONG leaders, actives à l'échelle de l'UE, recensaient ce qu'il faudrait faire pour empêcher ce qu'elles estiment être la relégation programmée de l'environnement en marge des priorités politiques de l'UE, « le recul des engagements actuels de l'UE en matière de développement durable, d'efficacité des ressources, de qualité de l'air, de protection de la biodiversité et d'action pour le climat », l'élimination inacceptable du 7ème programme d'action pour l'environnement qui constitue un engagement interinstitutionnel contraignant formellement pris il y a plus d'un an. C'est aussi, estiment les ONG, une « trahison des intérêts des citoyens de l'UE, eu égard à leur degré élevé de préoccupation pour l'environnement », dont témoignent les résultats d'un tout récent sondage Eurobaromètre consacré à l'environnement (EUROPE 11150)
Ainsi donc, selon ce collectif d'ONG, le Parlement devrait au minimum exiger: - que soit créé un poste de vice-président de la Commission responsable de la durabilité pour coordonner les portefeuilles de l'Environnement, de la Pêche, de l'Agriculture et de la Politique régionale ; - que le poste de vice-président pour l'Union de l'énergie soit érigé en poste de vice-président pour l'Action climatique et l'Union de l'énergie ; - que soit rétabli le portefeuille de l'Environnement avec restauration des compétences du commissaire affecté à cette charge et l'octroi à ce dernier d'un nouveau mandat pour respecter le travail du Parlement et mettre en oeuvre le 7ème programme d'action pour l'environnement.
De l'avis des ONG le Parlement doit en outre exiger que la mission confiée au commissaire à l'Environnement d'« affaiblir les directives relatives à la protection de la nature » soit remplacée par celle de travailler à la mise en oeuvre rigoureuse de cette législation (directive 'Habitats' et 'Protection des oiseaux') et de travailler pour que soit atteint l'objectif que s'est assigné l'UE dans sa stratégie en faveur de la biodiversité à l'horizon 2020. Le commissaire devrait aussi contribuer à faire de la protection de la santé des citoyens une priorité en renforçant - et non pas en affaiblissant - la législation clé sur la qualité de l'air et les produits chimiques, et replacer les biocides et les pesticides sous la responsabilité de la Direction générale de l'Environnement de la Commission (DG Environnement).
Les ONG comptent également sur le Parlement pour qu'il exige la résolution des conflits d'intérêts potentiels des commissaires désignés, notamment pour le portefeuille du Climat et de l'Énergie (voir nouvelle précédente). (AN)