Milan, 09/07/2014 (Agence Europe) - Le groupe des conservateurs du CRE a plusieurs points communs avec Jean-Claude Juncker et est prêt à le suivre sur certains points, notamment l'économie numérique, mais pas suffisamment pour lui apporter son soutien lors du vote du 15 juillet à Strasbourg.
C'est ce que le groupe CRE a indiqué dans un communiqué publié mardi 8 juillet à l'issue de l'audition du candidat luxembourgeois à la présidence de la Commission européenne. Jean-Claude Juncker a eu des arguments susceptibles de séduire ce groupe où siègent entre autres les Tories britanniques. Il a ainsi précisé n'être pas du tout contre les États nations, en dépit de ce que « l'on a pu lire dans la presse britannique », a-t-il ironisé. M. Juncker est aussi d'avis que l'UE est trop bureaucratique et doit désormais se concentrer que sur les grands enjeux.
« Le groupe a eu une bonne discussion avec M. Juncker », a réagi Syed Kamall, président du groupe CRE. Il existe plusieurs domaines dans lesquels « nous pensons pouvoir être en mesure de travailler avec lui », a-t-il ajouté, notamment si le Luxembourgeois s'engage concrètement sur le marché unique numérique, sur le commerce ou la promotion de la sécurité énergétique. Mais, a jugé M. Kamall, le groupe CRE et M. Juncker ont des opinions divergentes sur la vision de l'avenir de l'UE. Et surtout, le CRE ne peut toujours pas se faire à l'idée que M. Juncker soit un « Spitzenkandidat », issu d'un processus que les conservateurs et réformistes du PE ont rejeté dès le début.
Pour les conservateurs, ce processus de personnalisation de la campagne au Parlement européen représente un basculement de pouvoir au détriment des États membres et un lien factice est établi entre les citoyens votant pour leur parti national et les candidats désignés pour la Commission par les partis paneuropéens. Les conservateurs ne seront donc pas en mesure de dire oui à M. Juncker. (SP)