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Bulletin Quotidien Europe N° 11118
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

Les Verts/ALE divisés sur le candidat Juncker

Bruxelles, 09/07/2014 (Agence Europe) - Après avoir auditionné, mercredi 9 juillet dans la matinée, Jean-Claude Juncker, candidat désigné par le Conseil européen pour la présidence de la prochaine Commission européenne, le groupe des Verts/ALE au Parlement européen semblait divisé sur la marche à suivre lors du vote en plénière du 15 juillet. Une décision formelle devrait être prise en principe lundi 14 juillet, après une nouvelle rencontre entre M. Juncker et les deux co-présidents du groupe, l'Allemande Rebecca Harms et le Belge Philippe Lamberts.

« Clairement, nous venons de différentes sensibilités politiques et toutes les réponses (de M. Juncker) n'ont pas correspondu avec notre vision de l'UE, mais il y a aussi un terrain d'entente », ont déclaré les deux co-présidents dans un bref communiqué conjoint, à l'issue de l'audition du Luxembourgeois.

Au sein du groupe, certains ont trouvé la performance de M. Juncker plutôt bonne, avec un discours verdi et une pointe d'humour qui a fait son effet. À l'opposé, une faction du groupe a estimé qu'en effet, sur le ton, M. Juncker a été convaincant, mais sur le fond, aucun engagement concret n'a été pris. Dans cette seconde faction plus intransigeante, on trouverait notamment l'Allemande Ska Keller, qui a porté les couleurs des Verts/ALE durant la campagne pour la présidence de la Commission. Mme Keller a notamment regretté, sur son compte Twitter, que M. Juncker ne puisse pas fournir de réponses détaillées à certaines questions, la Commission européenne n'étant pas encore en place. La Française Karima Delli s'est, pour sa part, dite, via le même canal, peu convaincue par la prestation du Luxembourgeois. Selon son entourage, elle devrait voter contre. Les avis seraient donc partagés, en gardant à l'esprit le fait que M. Juncker n'a pas besoin des voix des Verts/ALE, du fait de la coalition entre le PPE, le S&D et l'ADLE. Au sein du parti, on indique tout de même que le principe est de ne pas empêcher son élection.

Pendant son audition, M. Juncker s'est défendu d'être l'homme du statu quo. « On devient président de la Commission pour changer les choses qui doivent être changées », a-t-il dit. Et de pointer, par exemple, la 'troïka' (Commission, BCE, FMI), active dans les pays sous assistance financière, et dont l'architecture pourrait désormais se passer de l'appui du FMI, selon son analyse. Initialement, « j'étais contre l'implication du FMI, je me suis ravisé », a-t-il déclaré. La Commission ne disposait pas des capacités pour lancer et élaborer des programmes, a-t-il expliqué. « Aujourd'hui elle en dispose, donc, il faut associer le FMI lorsqu'il le faut vraiment » et sinon laisser faire l'UE. Et de plaider pour une plus grande implication de l'Eurogroupe dans le travail de la 'troïka', dans un processus qui serait par ailleurs renforcé sur le plan démocratique.

Dans ses interventions, M. Juncker a notamment déclaré vouloir que l'Écofin se réapproprie le budget européen. Il s'est dit en faveur d'une capacité budgétaire réduite de la zone euro ainsi qu'une assurance chômage européenne « mais je ne vois pas comment on pourrait le faire ». Il faut y réfléchir, selon lui. M. Juncker a également exprimé son souhait de voir les fonds de la garantie-jeunesse mieux utilisés, bien que l'enveloppe prévue à cet effet ne soit pas, selon lui, époustouflante.

S'exprimant sur le Royaume-Uni, M. Juncker s'est dit ouvert au rapatriement de certaines compétences. Sans liste précise des desiderata britanniques, tout ce qu'il a pu dire est que cela ne devait pas remettre en cause les quatre libertés fondamentales des traités.

Il a plaidé pour des objectifs plus ambitieux en matière d'efficacité énergétique, sans pouvoir donner de chiffre comme le lui réclamait un député. Concluant l'échange avec le groupe, Philippe Lamberts a rappelé que l'UE avait contracté plusieurs dettes ces cinq dernières années: financière, sociale et environnementale. La dette financière peut être réduite et renégociée, la dette sociale réduite « à coup d'efforts massifs, mais pas renégociée », alors que la dette environnementale n'est ni réductible, ni renégociable. (EL)

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