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Bulletin Quotidien Europe N° 11118
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

South Stream, la Russie attend de l'UE des décisions appropriées

Bruxelles, 09/07/2014 (Agence Europe) - La Russie espère que la Commission européenne prendra les décisions appropriées pour la mise en oeuvre du projet de gazoduc South Stream, a déclaré devant la presse le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, après une entrevue avec le président slovène, Borut Pahor, et son ministre des Affaires étrangères, Karl Erjavec, mardi 8 juillet à Maribor.

Lors de sa visite en Slovénie mardi, comme lors de celle effectuée en Bulgarie la veille, M. Lavrov a fait part du souhait de Moscou de reprendre un « dialogue constructif » avec la Commission, tout en précisant attendre d'elle une « approche raisonnable sans politiser le projet South Stream ». « La Russie souhaite que tous les pays qui ont signé des accords South Stream continuent de participer au projet. Les tentatives d'utiliser, de manière rétrospective, les exigences du troisième paquet énergie concernant South Stream sont injustes et hors de proportion avec le droit international », a jugé le chef diplomatie russe.

La veille à Sofia, M. Lavrov avait souligné que la signature des accords intergouvernementaux entre la Russie et les pays parties prenantes au projet South Stream - l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Slovénie plus la Serbie - avait précédé l'adoption, en 2009, du troisième paquet sur l'énergie. « Nous respectons le troisième paquet, mais il ne peut pas être rétrospectif, selon le droit international », avait-il insisté, notant que la Commission avait pourtant fait des exceptions au troisième paquet en ce qui concerne l'accès des pays tiers, « dans beaucoup d'autres exemples », notamment pour le gazoduc Transadriatique.

Sur fond de crise ukrainienne et de différend gazier entre Moscou et Kiev, South Stream est l'objet d'un bras de fer entre la Commission et le gouvernement russe, l'exécutif européen considérant que le projet ne respecte pas la législation européenne sur le marché intérieur et en matière de concurrence. L'exécutif européen a déjà ouvert, début juin, une procédure d'infraction contre la Bulgarie, visant sa procédure d'octroi de marchés publics dans le cadre des travaux de construction du tronçon de South Stream sur le territoire bulgare, et demandé la suspension des travaux. D'autres procédures d'infraction contre d'autres pays prenant part à South Stream pourraient suivre, a menacé plusieurs fois la Commission en juin.

Piloté par Gazprom (50%), avec la participation de l'italien ENI (20%), du français EDF (15%) et de l'allemand Wintershall (15%), South Stream reliera la Russie à la Bulgarie sous la mer Noire, en contournant l'Ukraine, pour desservir le marché européen via deux branches: l'une, au sud, vers l'Italie en passant par la Grèce ; l'autre, au nord, vers l'Autriche, la Croatie et la Slovénie, en passant par la Serbie et la Hongrie. (EH)

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