Bruxelles, 07/07/2014 (Agence Europe) - Les Syriens, les Russes et les ressortissants de six pays des Balkans de l'Ouest (Albanie, Bosnie-Herzégovine, ARYM, Kosovo, Monténégro et Serbie) constituaient en 2013 les groupes les plus nombreux de demandeurs d'asile dans l'UE, selon le rapport publié lundi 7 juillet par le Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO), basé à Malte.
Au total, 435 760 personnes avaient déposé une demande de protection internationale en 2013, soit près de 30% de plus qu'en 2012, relève ce rapport, présenté lundi à Bruxelles. Pour l'EASO, ces chiffres de 2013 sont d'ailleurs les plus élevés depuis 2008. Les pays ayant reçu le plus de demandes étaient l'Allemagne, la France, la Suède, le Royaume-Uni et l'Italie. Un classement qui a d'ailleurs fait réagir le directeur du bureau, Robert K. Visser, pour qui « c'est une erreur de dire que seuls les pays du Nord reçoivent le plus gros des demandes d'asile. L'Italie est dans ce top 5 depuis 2 ans ». La Pologne est « elle aussi devenue un vrai pays de réception de demandes d'asile », a-t-il poursuivi.
Le taux d'octroi de la protection internationale en première instance restait lui en revanche assez modéré, avec 34,4% de réponses positives, le statut de réfugié étant accordé à 49 710 personnes, la protection subsidiaire à 45 535 personnes et la protection humanitaire à 17 665 personnes. Les taux de reconnaissance les plus élevés concernaient les Syriens, les Érythréens et les apatrides, poursuit ce rapport. Mais en 2013, plus de 352 000 personnes étaient encore en attente d'une décision dans l'UE, le volume de requêtes pendantes ayant d'ailleurs augmenté de 33% par rapport à 2012.
Possible clause de sauvegarde
L'EASO a constaté, en 2013, une hausse de 109% des demandes déposées par les ressortissants syriens et de 71% s'agissant des Russes, issus du Nord-Caucase et ayant essentiellement déposé leurs demandes en Allemagne et en Pologne. Pour les pays des Balkans de l'Ouest, 2013 a également vu une hausse significative des demandes d'asile (+36% par rapport à 2012). Une progression jugée problématique, a expliqué lundi la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström. Selon elle, en effet, près de « 90% de ces demandes sont jugées infondées et seule une poignée est acceptée ». Ces demandes injustifiées ont pour conséquence de mettre de la pression sur les systèmes d'asile des pays d'accueil, a renchéri la responsable suédoise, et cela au détriment des réfugiés syriens ou érythréens. La commissaire a précisé être en contact avec les autorités de ces pays et « n'exclut pas que soit discutée (notamment avec les États membres) la possibilité d'activer la clause de sauvegarde », a-t-elle dit. Cette clause de sauvegarde, validée en 2013, permet aux États membres de demander la suspension des régimes sans visas, si les ressortissants de pays qui en bénéficient s'avéraient être à l'origine de demandes d'asile injustifiées. (SP)