Rome, 07/07/2014 (Agence Europe) - La marine nationale italienne, qui gère l'opération Mare Nostrum, a appelé, samedi 5 juillet, les Européens à agir davantage envers les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée. « Nous avons besoin d'une action internationale et d'une coordination de la part des organisations internationales, (Nations unies, Union européenne et Union africaine) », a expliqué le commandement de la marine italienne. « C'est une charge insoutenable pour un seul État membre », a expliqué le commandant en chef, amiral Filippo Maria Foffi, depuis le commandement situé dans la banlieue de Rome, à Santa Rosa. L'Italie bénéficie d'un soutien limité de Frontex. En plus de la charge humanitaire, le sauvetage des migrants a un coût financier. La marine italienne dépense chaque mois de 6 à 9 millions d'euros à ce sujet, ce qui ne prend pas en compte le coût supporté par le ministère de l'Intérieur.
« Nous avons besoin d'un engagement accru de tous les États membres de l'UE pour améliorer le contrôle aux frontières de l'UE », a-t-il ajouté. « La mission Mare Nostrum est une opération humanitaire, mais pas seulement. C'est aussi une mission de sécurité pour toute la Méditerranée », a rappelé l'amiral Filippo Maria Foffi. « Cela ne peut pas être des conditions normales, ce sont des conditions d'urgence », a-t-il ajouté. Pourtant, l'urgence risque de durer. En 2013, près de 43 000 migrants ont été sauvés, contre 13 267 en 2012, soit une hausse de 224%. En raison de la météo, il y a aussi plus de migrants qui tentent une traversée au printemps et en été.
Depuis le 18 octobre et le lancement de Mare Nostrum à la suite du naufrage du 3 octobre 2013, qui avait causé la mort de 366 personnes (EUROPE 10935), en date du 4 juillet, 73 686 migrants ont été secourus dans le cadre de l'opération Mare Nostrum, soit une moyenne de 270 par jour. Une fois recueillis sur les bateaux de la marine, ils passent un contrôle sanitaire et de police, pour être identifiés et interrogés. Ils sont ensuite conduits à terre, en Italie. Les migrants décédés sont, eux, enterrés en Italie.
Depuis le 18 octobre, la marine italienne a elle-même récupéré 49 243 migrants, dont 5 505 femmes et 6 014 enfants. Les plus jeunes enfants non accompagnés auraient 5 ou 6 ans. Les migrants viennent principalement de Syrie, du Nigéria, du Mali, de Guinée, du Pakistan, de la zone sub-saharienne et d'Égypte. Ils paieraient entre 1 000 et 1 500 dollars pour la traversée. Si les traversées depuis l'Égypte sont moins nombreuses, notamment parce que les bateaux des passeurs plus gros en raison de la distance sont vite repérés et plusieurs ont été confisqués, les traversées depuis la Libye sont en expansion. « Est-ce que les autorités libyennes nous donnent des informations à propos des bateaux qui quittent leurs côtes ? Bien sûr que non », a expliqué un gradé de la marine. L'Italie souhaite que le gouvernement libyen, quand il sera mis en place, signe la convention permettant au Haut Commissariat pour les réfugiés de travailler dans le pays et de traiter les demandes d'asile (EUROPE 11115).
L'Italie utilise 5 navires en mer Méditerranée depuis le début de l'opération, contre seulement 2 avant, et déploie une surveillance aérienne presque continue. Depuis le début de l'opération, quatre bateaux ont été saisis et plus de 300 trafiquants arrêtés. (CG)