Bruxelles, 07/07/2014 (Agence Europe) - Après 4 ans de blocage au Conseil, la Commission semble se résigner à retirer sa proposition de directive sur le congé de maternité dans le cadre de son programme d'allègement législatif REFIT. Une marche arrière décriée par le Lobby européen des femmes qui alerte directement Jean-Claude Juncker, le prochain président de la Commission européenne.
La directive sur le congé de maternité fait partie de la liste de chantiers législatifs à l'arrêt que la Commission souhaiterait supprimer. La proposition de directive a pourtant déjà été avalisée par le Parlement européen en 2010. Elle table sur un congé payé de 20 semaines, ainsi qu'un renforcement des mesures visant à protéger les travailleuses de licenciement à leur retour.
Une situation qui suscite l'émoi du Lobby européen des femmes, qui y voit un très mauvais signal de l'UE, un recul des droits des femmes et de l'égalité des genres dans l'UE. La secrétaire générale de l'association, Joanna Maycock, juge inacceptable que des mesures pour protéger les droits des femmes fassent partie d'un compromis pour alléger la charge administrative de l'UE. Elle a adressé une lettre à M. Juncker à ce sujet, lui demandant de rejeter immédiatement cette proposition de retrait de la directive et de remettre cette question à l'agenda afin de dégager au plus vite un accord au Conseil. « La décision de retirer cette directive est scandaleuse car des femmes enceintes (ou potentiellement) sont prises en otage, mais les hommes aussi, puisque la directive inclut des provisions sur le congé de paternité, car il n'y a pas de directive pour ce type de congé », a-t-elle en outre alerté.
Mme Maycock a également glissé dans sa missive que le prochain collège de commissaires devrait répondre à l'exigence de parité et demandé qu'un commissaire aux Droits des femmes et à l'Égalité des genres soit nommé. (MD)