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Bulletin Quotidien Europe N° 11116
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

Les arguments de M. Dalli « sont absurdes », selon M. Barroso

Luxembourg, 07/07/2014 (Agence Europe) - Convoqué devant le Tribunal de l'UE, lundi 7 juillet à Luxembourg, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a catégoriquement rejeté les accusations de son ancien commissaire maltais John Dalli, qui clame qu'il a été forcé de quitter ses fonctions en octobre 2012 à la suite d'une affaire de corruption présumée liée à l'industrie du tabac (EUROPE 11098). Les accusations de M. Dalli sur la théorie du complot « sont sans aucun fondement et même diffamatoires », a affirmé M. Barroso devant le Tribunal de l'UE.

Que s'est-il passé dans le bureau de M. Barroso le 16 octobre 2012 ? Le président de la Commission a-t-il forcé la main à son commissaire en exigeant de sa part une démission ? Ou bien est-ce M. Dalli qui s'est volontairement désisté de son poste ? C'est surtout à ces deux questions que les cinq juges du Tribunal de l'UE ont tenté de trouver des réponses en auditionnant le requérant et plusieurs témoins convoqués pour la seule journée du lundi 7 juillet.

M. Dalli a été le premier à s'exprimer devant le Tribunal, dans l'affaire (T-562/12) qui l'a porté à Luxembourg pour obtenir l'annulation de la prétendue décision orale par laquelle M. Barroso aurait exigé sa démission le 16 octobre 2012 ainsi que pour obtenir réparation du préjudice subi, à hauteur d'un euro. Au fil de sa déclaration et de l'interrogatoire qui s'en est suivi, M. Dalli est apparu de plus en plus nerveux. Si cela a influencé parfois la clarté de ses propos, sa ligne d'accusation est restée inchangée: « Mon sentiment est que j'ai été viré » sans pouvoir me défendre et sans avoir d'autre choix que de quitter la Commission européenne, a-t-il dit. Selon lui, la décision 'd'en finir avec lui' a été prise à l'avance, et il n'a jamais signé sa lettre de démission.

Pour M. Barroso, M. Dalli a accepté de démissionner devant lui, lorsqu'il l'a convoqué le 16 octobre 2012 pour lui faire part des résultats du rapport de l'OLAF. Je ne lui ai « pas demandé formellement de démissionner », il l'a fait lui-même, « de la manière la moins ambigüe possible », a assuré le président de la Commission. Selon lui, c'était la seule solution, car la situation était politiquement intenable pour la Commission et à ses yeux, M. Dalli avait perdu toute sa confiance, en confirmant s'être entretenu à Malte, d'une manière informelle, avec des représentants de l'industrie du tabac. Il devait ainsi quitter la Commission le rapidement possible, soit le jour même de cette réunion, afin de préserver la crédibilité politique de l'institution, car le contenu du rapport de l'OLAF risquait de fuiter, a expliqué M. Barroso.

Le Tribunal a entendu également des fonctionnaires de la Commission, notamment le chef de cabinet de M. Barroso, Johannes Laitenberger, et le directeur général du service juridique, Luis Romero Requena (EUROPE y reviendra). (JK)

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