Bruxelles, 07/07/2014 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a fait une ouverture, lundi 7 juillet, en direction de l'Italie dans sa quête de flexibilité des règles budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance.
« Dans le volet 'préventif' du Pacte - et beaucoup de pays sont dans cette situation - il existe une marge de flexibilité, mais uniquement sur la base de réformes économiques, qui ne doivent pas être promises, mais concrétisées, avec un impact positif sur le budget », a déclaré le ministre néerlandais des Finances, à son arrivée à l'Eurogroupe, se référant explicitement à un article législatif du Pacte. De cette manière, « obtenir des résultats tangibles (…) permettra aux pays concernés d'acheter plus de temps », a-t-il ajouté.
L'Italie se trouve dans le volet 'préventif' du Pacte, dans la mesure où elle ne fait plus l'objet d'une procédure d'infraction pour déficit excessif (2,6% du PIB en 2013). Le problème principal de l'Italie consiste à respecter l'objectif de réduction de la dette publique, qui devrait s'élever à 135,2% du PIB en 2014. Le gouvernement italien a lancé un agenda de réformes censé durer 1 000 jours à partir de septembre.
Convaincu que les règles européennes n'ont pas à être modifiées, M. Dijsselbloem a souligné qu'il revenait à la Commission européenne d'évaluer le sérieux des réformes menées, cette évaluation dépendant des circonstances spécifiques de l'État concerné et de l'écart observé avec ses objectifs à moyen terme.
Attendant d'y voir plus clair dans la façon dont cette discussion sur la flexibilité du Pacte sera formalisée, le ministre irlandais, Michael Noonan, a quand même vu d'un bon oeil une interprétation plus flexible des règles existantes, notamment parce que le Pacte avait été renforcé pendant les années de crise financière. Son homologue espagnol, Luis de Guindos, a aussi plaidé pour « un équilibre » entre la stabilité des règles et une interprétation flexible des règles.
Sur la défensive, le ministre allemand a observé qu'aucun État membre ne demandait une révision législative du Pacte de stabilité. Selon Wolfgang Schäuble, la croissance économique vient en faisant les réformes structurelles et en poursuivant la consolidation budgétaire. « Nous voulons tous faire plus pour investir davantage et stimuler la croissance, mais cela ne doit pas être un prétexte ou un raccourci pour ne pas faire ce qu'il faut faire », a-t-il déclaré. (MB)