Bruxelles, 27/06/2014 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement des 28 ont confirmé, vendredi 27 juin, à Bruxelles leur volonté de parvenir à un accord, au plus tard en octobre 2014, sur le projet de cadre d'action intégré Climat/Énergie à l'horizon 2030 et de faire leur maximum pour respecter cette échéance. Pas de grandes avancées, donc, lors de ce sommet d'étape, mais davantage de clarté sur les progrès qu'il reste à faire pour parvenir dans les temps à une décision finale. La chose était entendue, puisque ce Conseil européen d'étape devait faire le point sur les progrès réalisés depuis le Conseil européen de mars sur ce projet visant à la fois à garantir des prix énergétiques abordables, à assurer la compétitivité industrielle et la sécurité d'approvisionnement et à concourir à la réalisation des objectifs climatiques de l'UE (EUROPE 11105 et 11104). Le sujet fut expédié à l'heure du déjeuner sans véritable discussion, et les conclusions ont pu être adoptées sans le moindre changement.
« Nous avons discuté de la sécurité énergétique et de la lutte contre la changement climatique en ayant à l'esprit les décisions cruciales qui devront être prises au Conseil européen d'octobre. Nous devrons poursuivre les discussions avec les État membres pour un accord formel sur la sécurité énergétique, l'Union énergétique et aussi notre politique climatique. Nous avons confirmé notre accord pour prendre une décision finale en octobre pour que l'Europe puisse aussi conserver son rôle de chef de file dans les négociations climatiques internationales », a déclaré José Manuel Barroso, président de la Commission, à l'issue de la session.
Sur la base du rapport de progrès que leur a fait Herman van Rompuy, président du Conseil européen, les 28 veulent mettre les bouchées doubles et soulignent la nécessité d'élaborer rapidement les éléments clés. Ils insistent sur l'urgence de réviser la directive 'Efficacité énergétique' - l'objectif d'efficacité énergétique étant le maillon manquant dans le projet sur la table (une réduction obligatoire de 40% des émissions par les seules mesures nationales, et un objectif européen de 27% pour la part de renouvelables). Le Conseil européen attend que la Commission lui soumette sa proposition de révision de cette directive en juillet pour savoir comment cette directive révisée pourra contribuer au futur cadre d'action ( EUROPE 11108).
D'ici à octobre, il conviendra aussi que les 28 précisent les critères d'un partage équitable des efforts et le mécanisme de solidarité entre les différents pays, qu'ils s'accordent sur le mécanisme de prévention des 'fuites de carbone' pour les entreprises énergivores exposées à une forte concurrence internationale - mécanisme pour lequel une consultation publique a été lancée le 8 mai dernier par la Commission (EUROPE 11075). Ils devront aussi progresser sur la proposition législative visant la création d'une réserve de stabilité du marché européen du carbone, en guise de réforme structurelle de l'ETS.
Dans ses conclusions, le Conseil européen réitère que l'objectif spécifique de l'UE pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030 sera en ligne avec l'objectif ambitieux qu'elle s'est déjà fixée pour 2050 (une réduction de 80 à 95% des émissions par rapport à 1990). Il insiste sur l'importance que revêt le sommet climatique que Ban Ki-moon a convié à New York le 23 septembre prochain dans l'espoir de faciliter des offres ambitieuses de la part de toutes les parties aux négociations. Rappelons que la date butoir pour l'offre de l'UE, comme pour les autres parties, est le 31 mars 2015, conformément au calendrier établi à la COP 19 (à Varsovie) en vue de la conférence de Paris (COP 21, fin 2015) où doit être conclu un accord climatique mondial, juridiquement contraignant, avec toutes les parties à bord.
« L'Union européenne doit porter une politique énergétique commune, assurer la sécurité de l'approvisionnement et le respect de nos engagement par rapport à la conférence sur le climat », a déclaré à la presse Francois Hollande, qui sera l'hôte de la COP 21.
S'exprimant devant les dirigeants européens, Gianni Pittella, président par intérim du Parlement européen, a appelé les États membres à « se mettre d'accord rapidement sur une réduction de 40 % » des émissions de gaz à effet de serre. Et d'ajouter: « La révision des objectifs d'efficacité énergétique constitue un autre axe de ce train de mesures. Le Parlement attend avec impatience la proposition de la Commission. Le moment est venu de définir la ligne stratégique de notre politique climatique et énergétique pour les dix prochaines années. L'heure est venue pour nous d'accroître l'indépendance et l'efficacité de notre politique de l'énergie et de renforcer la coordination et la solidarité entre les États membres. Nous espérons vivement l'adoption de mesures concrètes permettant de donner corps à ces objectifs. » (AN)